
Siège de la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO à Lomé
Par Fortuné DOTIN
Réuni le 17 juin 2026 à Abidjan, le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement a validé une opération de 100 millions de dollars en faveur de la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC). Sur cette enveloppe, 30 millions de dollars seront consacrés à une prise de participation au capital de la banque régionale, tandis que 70 millions financeront une ligne de crédit destinée à soutenir des projets d’énergies renouvelables en Afrique de l’Ouest.
Au-delà de l’enveloppe financière, l’opération traduit un rapprochement stratégique entre les deux institutions. La BAD entend ainsi renforcer la capacité de la BIDC à mobiliser des ressources de long terme, tout en accompagnant le financement d’infrastructures énergétiques dans l’espace communautaire.
La BAD entre au capital de la banque régionale de la CEDEAO
Avec cette prise de participation de 30 millions de dollars, la BAD devient, selon l’institution panafricaine, la première institution financière de développement à intégrer l’actionnariat de la BIDC et à siéger à son Conseil d’administration. Plus qu’un simple apport en capital, cette décision vise à accompagner l’expansion des activités de la banque régionale et à renforcer sa capacité à mobiliser des financements auprès d’un éventail plus large d’investisseurs et de partenaires financiers internationaux.
Pour la BIDC, l’arrivée d’un actionnaire bénéficiant de la notation AAA constitue également un signal de confiance auprès des marchés. Cette participation devrait soutenir les efforts de mobilisation de ressources à long terme au profit des États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). « L’entrée du Groupe de la Banque africaine de développement au capital de la BIDC constitue une étape importante dans l’évolution de l’institution. Au-delà de l’apport en capital, cette prise de participation d’un actionnaire majeur noté AAA renforce sa crédibilité auprès des investisseurs internationaux », a indiqué Andrews Amankwah, directeur du Département de la trésorerie et de la mobilisation des ressources à la BIDC.
L’opération s’inscrit également dans le cadre de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD), qui vise à renforcer la capacité des institutions financières africaines à mobiliser des ressources de long terme pour financer le développement.
Électricité, climat, emploi : les retombées attendues du financement
La seconde composante de l’opération porte sur une ligne de crédit à long terme de 70 millions de dollars destinée au financement de nouveaux projets dans la chaîne de valeur de la production d’énergie propre en Afrique de l’Ouest. Les ressources seront déployées par la BIDC au profit de projets visant à améliorer l’accès à l’électricité des populations et des entreprises encore insuffisamment desservies dans la région.
Selon la BAD, cette facilité pourrait produire un effet d’entraînement important. Les financements mobilisés autour des projets soutenus pourraient atteindre près de 230 millions de dollars, principalement dans les secteurs solaire et hydroélectrique. Les investissements concernés devraient permettre l’installation d’une capacité additionnelle estimée à 207 mégawatts. « Cette opération renforcera la capacité de la BIDC à soutenir le développement du secteur privé et les investissements dans les énergies renouvelables en Afrique de l’Ouest. Grâce à un effet de levier, la ligne de crédit accordée devrait permettre de mobiliser près de 230 millions de dollars de financements en faveur de la production d’énergie renouvelable », a indiqué Ahmed Rashad Attout, directeur du Département du développement du secteur financier du Groupe de la Banque africaine de développement.
Les retombées attendues concernent également l’accès à l’énergie et les enjeux climatiques. Les projets financés devraient permettre d’améliorer l’accès à l’électricité de plus de 250.000 ménages, soit près de 1,4 million de personnes, tout en contribuant à réduire environ 355.500 tonnes d’émissions de CO₂ équivalent par an. L’initiative comporte enfin un volet économique et social. Les projets soutenus devraient favoriser la création d’emplois et le développement des compétences locales, avec une part des jeunes estimée à plus de 70 % des emplois permanents créés.
Basée à Lomé, au Togo, la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO constitue le bras financier de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest. Créée en 1999, elle intervient dans le financement des infrastructures, de l’énergie, de l’industrie et du secteur privé dans les États membres de la CEDEAO.Cette nouvelle opération intervient dans un contexte de renforcement des interventions de la banque régionale.
Quelques jours auparavant, son Conseil d’administration avait approuvé plusieurs financements totalisant 75 millions de dollars et 105 millions d’euros au profit d’acteurs des secteurs bancaire, industriel et énergétique. Une série d’engagements qui illustre la montée en puissance de la BIDC dans le financement des projets structurants en Afrique de l’Ouest.










