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BID : le Burkina Faso prend la tête du Conseil des gouverneurs

Élu président du Conseil des gouverneurs de la BID, Aboubakar Nacanabo place le Burkina Faso au cœur des débats sur le financement du développement.

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Aboubakar Nacanabo, ministre de l'Economie, des Finances et de la Prospective du Burkina Faso

Aboubakar Nacanabo, ministre de l'Economie, des Finances et de la Prospective du Burkina Faso

Par Assou AFANGLO

L’élection du ministre burkinabè de l’Économie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, à la présidence du Conseil des gouverneurs de la Banque islamique de développement (BID) marque une étape importante dans le positionnement international du Burkina Faso. Intervenue le 19 juin 2026 lors des 51es Assemblées annuelles du Groupe de la BID, cette désignation confère au pays sahélien la responsabilité de présider pendant un an l’organe suprême de décision de l’institution financière multilatérale. Au-delà de sa portée symbolique, cette élection intervient dans un contexte où les questions de financement du développement, de résilience économique et de transformation structurelle occupent une place centrale dans les agendas africains. Pour Ouagadougou, elle constitue également une reconnaissance de son implication croissante dans les mécanismes de coopération économique et financière à l’échelle internationale.

Une fonction stratégique au sein d’une institution influente

Le Conseil des gouverneurs rassemble les représentants des 57 États membres de la BID, généralement les ministres des Finances, de l’Économie ou les gouverneurs de banques centrales. Cette instance définit les grandes orientations stratégiques de l’institution, approuve les principales résolutions et veille à la bonne exécution de son mandat de développement. Dans un environnement marqué par la hausse des besoins d’investissement en Afrique et dans plusieurs pays du monde islamique, la présidence du Conseil des gouverneurs offre une position privilégiée pour orienter les discussions sur les priorités de financement. Elle permet également d’influencer les réflexions relatives à l’évolution des instruments financiers mobilisés par la banque.

Pour les autorités burkinabè, cette élection traduit la confiance accordée au pays au sein de l’institution. Le ministère de l’Économie et des Finances estime qu’elle reflète « la reconnaissance du rôle croissant que joue le pays au sein des instances de coopération économique et financière ».

Une tribune pour porter les priorités des pays en développement

Cette présidence intervient à un moment où de nombreux États membres de la BID cherchent à accélérer leurs investissements dans les infrastructures, l’agriculture, l’industrialisation et l’emploi. Les défis liés à la sécurité alimentaire, à l’accès à l’énergie et au financement du secteur privé figurent également parmi les préoccupations majeures. Les autorités burkinabè ont d’ailleurs indiqué leur volonté d’utiliser cette responsabilité pour contribuer aux réflexions sur les grands enjeux économiques actuels. Parmi les priorités identifiées figurent le financement des infrastructures, le renforcement de la résilience économique, la promotion de l’emploi des jeunes, le développement du secteur privé et la sécurité alimentaire.

Cette élection intervient quelques jours seulement après la signature par le Burkina Faso d’un accord-cadre de 1 milliard de dollars avec la Société Internationale Islamique pour le Financement du Commerce (ITFC), membre du Groupe de la BID. Cette concomitance illustre le renforcement des relations entre Ouagadougou et les institutions financières du groupe.

Créée en 1975 et basée à Djeddah, en Arabie saoudite, la Banque islamique de développement s’est imposée comme l’un des principaux bailleurs multilatéraux du monde islamique. Pour le Burkina Faso, la présidence de son Conseil des gouverneurs représente autant une reconnaissance diplomatique qu’une opportunité de peser davantage dans les débats sur le financement du développement et la transformation économique des pays membres.

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