
Serge Ekué, Président de la Banque ouest-africaine de développement
Par Boris Mawuena
Après les obligations durables, les émissions hybrides et les opérations de titrisation, la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) étudie un nouvel instrument financier : le warrant. Dans un entretien accordé à l’Agence Ecofin et à plusieurs médias, le président de la BOAD, Serge Ekué, a indiqué que l’institution travaille sur une éventuelle émission de warrants dans le cadre de son plan stratégique Djoliba la Suite 2026-2030. Selon lui, cet instrument financier permettrait aux investisseurs de bénéficier d’une exposition à la performance de la Banque sans remettre en cause sa gouvernance. Si elle se concrétise, cette opération constituerait une première pour une banque multilatérale de développement africaine.
Un instrument pour attirer les investisseurs sans modifier la gouvernance
Le recours au warrant vise à répondre à une demande croissante d’investisseurs à la recherche de produits financiers liquides, cotés en bourse et facilement cessibles. Contrairement à une action classique, le warrant offre une exposition économique à un actif sans conférer immédiatement de droits de vote. Pour la BOAD, cet outil pourrait contribuer au renforcement de ses fonds propres tout en préservant le contrôle exercé par les États membres et la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). « Nos actionnaires régionaux ne seront pas dilués », a assuré Serge Ekué.
Une stratégie de diversification financière
Cette réflexion s’inscrit dans la stratégie de diversification des ressources engagée par la BOAD depuis plusieurs années. L’institution a notamment recours aux obligations durables, aux émissions hybrides et aux opérations de titrisation afin d’élargir sa base d’investisseurs et d’accroître sa capacité de financement. Ces initiatives soutiennent la mise en œuvre du plan Djoliba la Suite 2026-2030, qui prévoit la mobilisation de 6 500 milliards de FCFA destinés au financement de projets de développement dans l’espace UEMOA. Plusieurs paramètres restent toutefois à définir, notamment le calendrier de l’opération, son montant, la place de cotation retenue, la devise d’émission ainsi que les modalités de rémunération des investisseurs.









