Le rapport de l'Association africaine du capital-investissement et du capital-risque (AVCA) publié le 13 novembre 2025 est révélateur. Sur les trois premiers trimestres (du 1ᵉʳ janvier au 30 septembre) de l’année en cours, les entreprises africaines ont souscrit à 1,6 milliard de dollars en venture debt. Un montant record qui dépasse le score enregistré durant toute l'année 2024, qui s’évaluait à un milliard USD. La valeur des fonds en capital-risque mobilisés pour les jeunes entreprises africaines se totalise à 1,4 milliard USD. Ces investissements en equity répartis en 362 transactions restent quasiment stables à la même période en 2024.
Ce succès remarquable et historique du financement par la dette a été favorisé par 6 grandes opérations qui ont rapporté 1,1 milliard USD. Parmi elles figurent les dettes contractées par la start-up kenyane spécialisée dans l’énergie solaire (Sun King 156 millions USD) et celle de la fintech sénégalaise (Wave 137 millions USD).
Succès continental
En Afrique de l'Est, le marché du financement est dominé par la dette. Le Kenya arrive en tête avec 22% des transactions sur les 3 premiers trimestres 2025, soit le double de l'Égypte, du Ghana et du Nigeria, qui représentent chacun environ 11%. Le montant moyen des transactions en dette s’établit à 7 millions USD, un niveau légèrement inférieur au record de 7,5 millions USD atteint en 2024. La valeur moyenne des transactions en equity, quant à elle, s’élève à 3 millions USD, ce qui constitue une hausse de 20% par rapport à la même période en 2024. Ces évolutions confirment une transformation profonde des modes de financement dans l’écosystème des start-up africaines. Elles renseignent que la dette n’est plus un instrument complémentaire, mais un moteur essentiel de liquidité et de croissance.
L’Afrique australe en tête de peloton en capital-risque
Sur le continental, l’Afrique australe domine en matière d’investissement en capital-risque grâce notamment à un nombre élevé de cycles de financement supérieurs à 20 millions USD. Cette zone géographique totalise 26% de la valeur totale des transactions durant les neuf premiers mois de 2025 devant l’Afrique du Nord. Cette partie septentrionale occupe la deuxième place avec une part de 23% de la valeur totale des transactions. L’Afrique de l’Ouest et l’Afrique de l’Est enregistrent respectivement (21%) (11%). L’Afrique centrale ferme la marche avec (1%) des transactions.
La répartition sectorielle des investissements réalisés en capital-risque en Afrique montre que le secteur des services financiers est en première position avec 31% des investissements, suivi des technologies de l’information (20%), de l’industrie (13%), des biens de consommation courante (8%) et des services publics (8%). Il faut noter que les start-up actives dans plusieurs sous-régions africaines (multirégions) ont capté 18% de la valeur totale des transactions répertoriées à l’échelle continentale.