Par Janvier Gbedo
Le Bénin renoue avec des projections sur le marché financier international. Ceci, à travers une nouvelle opération qui se distingue par la structuration d'une dette libellée en dollars américains. Elle inclut une tranche sous forme de sukuk, ou obligation islamique. Si elle aboutit, cette transaction représentera la première émission de ce type sur le continent africain pour l'année en cours.
Le projet prévoit une maturité de sept ans et intègre une clause permettant un éventuel relèvement du montant des obligations initialement émises. Pour piloter cette levée de fonds, les autorités béninoises ont sollicité l'accompagnement d'un consortium composé de plusieurs institutions bancaires internationales. Cette initiative s'inscrit dans une politique de diversification des sources de financement et marque le retour de l'État sur les places financières mondiales après ses précédentes interventions.
Le sukuk est un instrument financier spécifique dont la structure est conforme aux principes de la finance islamique. Contrairement aux obligations conventionnelles, ce titre proscrit la perception d'intérêts et repose obligatoirement sur des actifs tangibles, tels que des infrastructures ou des biens immobiliers. Le détenteur d'un sukuk ne possède pas une créance classique, mais une part de propriété dans un actif ou un projet spécifique, percevant ainsi une fraction des revenus ou des bénéfices générés par cet actif sous-jacent.
Le pays mobilise régulièrement des capitaux sur les marchés de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), ainsi que sur les marchés internationaux, pour couvrir ses besoins budgétaires et financer ses infrastructures. Il a déjà réalisé plusieurs opérations significatives, notamment une première émission en dollars américains de 750 millions en 2024, suivie d'une levée de fonds d'un milliard de dollars en 2025 combinant un eurobond et un prêt bancaire.
Ces interventions successives visent à allonger la maturité de la dette publique et à en optimiser le coût global. La mise en œuvre de ce nouvel emprunt obligataire, incluant la composante islamique, répond à l'objectif de l'administration de solliciter de nouveaux profils d'investisseurs tout en assurant le financement des projets de développement programmés.