Par Boris Mawuena
Cette décision entraîne un décaissement immédiat d’environ 118 millions de dollars et marque l’achèvement d’un cycle d’appui engagé en 2022.
Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé, mardi 24 février à Washington, la validation des ultimes évaluations des programmes conclus avec le Bénin. Cette décision concerne les septième et dernière revues de la Facilité élargie de crédit (FEC) et du Mécanisme élargi de crédit (MEDC), ainsi que la quatrième et dernière revue au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD).
Dans le détail, le conseil d’administration du FMI a autorisé un décaissement de 36,3 millions de dollars dans le cadre des programmes MEDC/FEC, portant à près de 665 millions de dollars le montant total mobilisé depuis leur approbation en juillet 2022.
À cette somme s’ajoutent 81,6 millions de dollars au titre de la FRD, un mécanisme instauré fin 2023 pour soutenir les réformes liées aux enjeux climatiques, ce qui porte l’enveloppe globale à environ 204 millions de dollars pour ce dispositif.
Déficit maîtrisé et croissance soutenue
Le FMI a salué une « performance solide » dans la mise en œuvre du programme économique. En 2024, le déficit budgétaire du Bénin a été ramené à 3,1% du Produit intérieur brut (PIB), grâce à une mobilisation accrue des recettes fiscales et à une meilleure maîtrise des dépenses, tout en préservant les investissements sociaux prioritaires. Les autorités entendent désormais maintenir le déficit en dessous de 3% du PIB, conformément aux critères de convergence de l’UEMOA.
L’activité économique demeure dynamique, avec une croissance projetée à 7,5% en 2025, dans la continuité du rythme enregistré en 2024. Le déficit du compte courant s’est réduit après une hausse liée aux importations de services destinées à la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ). Selon les projections, ce déficit devrait continuer de se résorber, porté par la progression des exportations issues des zones économiques spéciales.
Le FMI souligne toutefois que la dette de l’administration centrale a été réévaluée à la hausse, atteignant 60,5% du PIB à fin 2024, à la suite du reclassement de certains emprunts auparavant comptabilisés au niveau d’entreprises publiques. Malgré cette révision, le Bénin reste classé dans la catégorie des pays présentant un risque modéré de surendettement.
L’institution financière internationale recommande enfin de poursuivre les efforts de discipline budgétaire, de renforcer la transparence dans la gestion des finances publiques et de maintenir les réformes structurelles, notamment en matière de gestion de la dette, de gouvernance des entreprises publiques et d’intégration des enjeux climatiques dans les politiques économiques.