Par Brunelle TCHOBO
L'objectif est d’éviter que l’affluence ne se traduise par une dégradation de l’environnement urbain et touristique. Sur le terrain, les agents étaient visibles avant les premières heures de l'événement. Le 10 janvier, au niveau de la Porte du Non-Retour, Prospère, agent de la SGDS, ramassait sans relâche chaque déchet tombé au sol.
Équipé d’un grand sachet en plastique et coiffé d’un chapeau en raphia pour se protéger du soleil, il courait parfois derrière des sachets emportés par le vent. Malgré la chaleur et la transpiration, il ne s’arrêtait pas, illustrant concrètement le travail discret mais constant effectué pour maintenir les lieux propres.
Un dispositif préparé en amont
Selon Édouard Hounkponou, chef de division traitement des déchets solides à la SGDS, le travail a commencé bien avant l’ouverture officielle du festival. Un désherbage systématique des sites a été réalisé afin de rendre les espaces propres et accessibles avant l’arrivée des festivaliers. Cette phase préparatoire visait à partir d’une base saine, facilitant ensuite le maintien de la propreté pendant les manifestations.
Pendant l’événement, la SGDS a mobilisé des moyens humains et matériels conséquents. Au total, 260 poubelles ont été déployées sur les différents sites, dont 200 poubelles de 240 litres et 60 de 120 litres. À cela se sont ajoutés deux bennes à ordures ménagères (BOM), deux ampliroles, huit tricycles pour le rapprochement des déchets, ainsi que près de 600 sachets plastiques utilisés par les agents pour le ramassage manuel.
Une mobilisation humaine importante
Environ 300 agents opérationnels ont été mobilisés pour le « piquetage », c’est-à-dire le ramassage continu des déchets jetés à terre. À leurs côtés, 35 animateurs territoriaux (AT) avaient pour mission de sensibiliser les visiteurs aux gestes écocitoyens et de les inviter à utiliser correctement les poubelles mises à disposition.
Deux bus ont également été mobilisés pour assurer le transport des agents depuis Cotonou vers Ouidah, facilitant ainsi la présence continue des équipes sur les sites du festival. Des responsables étaient en outre chargés de la coordination et du suivi des opérations afin d’assurer une efficacité constante du dispositif.
La continuité après les festivités
Le travail ne s’est pas arrêté à la clôture des événements. La SGDS a maintenu ses agents sur les sites pour assurer un nettoyage approfondi après les manifestations. Le dimanche, jour de vote, des dispositions ont été prises pour permettre aux agents d’aller accomplir leur devoir civique tout en maintenant le service minimum. Le lundi suivant, les équipes sont revenues pour un dernier passage avant la démobilisation progressive.
En parallèle, le nettoyage quotidien habituel de la ville de Ouidah a continué à être assuré selon les fréquences normales, avec une attention renforcée pour les zones ayant accueilli les événements.
La particularité de cette édition des Vodun Days réside dans l’ampleur du dispositif. L’effectif, le nombre de poubelles, de tricycles et de moyens roulants ont été revus à la hausse, en prévision d’une affluence plus importante. « Partout où il y a du monde, il y a production de déchets », rappelle Édouard Hounkponou.
Une tentative de tri spontanné des déchets
Des poubelles de couleur verte et jaune ont été installées pour inciter les visiteurs à séparer les déchets organiques des déchets inorganiques. Les déchets plastiques, canettes, cartons et boîtes de conserve devaient être déposés dans les poubelles jaunes, tandis que les restes alimentaires et autres déchets organiques étaient destinés aux poubelles vertes.
Les animateurs territoriaux ont joué un rôle central dans cette démarche, en expliquant aux visiteurs l’utilité de ce tri et en les invitant à adopter ces pratiques.
Responsabilité partagée
Au-delà du dispositif technique, la SGDS insiste sur la responsabilité collective. La propreté des sites repose autant sur la mobilisation des agents que sur le comportement des visiteurs. Le respect des consignes, l’utilisation correcte des poubelles et l’écoute des messages de sensibilisation sont présentés comme des éléments essentiels pour préserver les espaces publics lors des grands rassemblements.
À travers ce dispositif renforcé, la SGDS a ainsi cherché à concilier affluence touristique, célébration culturelle et respect de l’environnement, afin que les Vodun Days restent non seulement une fête culturelle majeure, mais aussi un événement compatible avec les exigences de salubrité et de durabilité urbaine.