Par Brunelle TCHOBO
Organisé par la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), en partenariat entre autres avec l’Agence de promotion des investissements et des exportations (APIEx), la Caisse des dépôts et consignations du Bénin (CDC Bénin), le Port autonome de Cotonou et Afreximbank, ce rendez-vous se positionne comme une plateforme stratégique de conclusion d’affaires entre acteurs publics et privés béninois et nigérians.
Le Forum d'affaires Bénin-Nigéria 2026, dont la première étape s'est déroulée à Abuja, met en lumière les opportunités d’investissements transfrontaliers. Industrie, logistique, financement et partenariats B2B sont au cœur des échanges.
Il a débuté avec la cérémonie d’ouverture marquée par les interventions des principales instances économiques et d’investissement des deux pays. Ont pris la parole, entre autres, Faki Adjé, directeur général adjoint de la SIPI-Bénin, le vice-président de la CCI Bénin, Casimir Migan, Aminou Akadiri, CEO de la Fédération des chambres de commerce et d'industrie de l'Afrique de l'Ouest (FEWACCI), le président de l’Association nationale des chambres de commerce, d'industrie, des mines et de l'agriculture du Nigéria (NACCIMA), Jani Ibrahim. La signature d’un protocole d’accord (MOU) entre l’APIEx et le NIPC a symbolisé la volonté des deux pays de formaliser leur coopération économique et de transformer les engagements politiques en projets concrets.
Le directeur général de l’APIEx, Eric Akouté, a présenté le Bénin comme une destination d’investissement attractive. Les participants ont découvert les réformes en faveur du climat des affaires, les mécanismes d’accompagnement des investisseurs ainsi que les incitations fiscales et dispositions douanières. Un film de présentation a permis aux participants de découvrir le pays. Une session de questions-réponses a permis aux investisseurs de mieux comprendre les avantages offerts et la sécurité juridique existante pour leurs projets.
Les secteurs prioritaires pour l’investissement à la GDIZ, notamment l’agro-industrie, le textile, la transformation et la logistique, ainsi que les modalités pratiques d’installation des entreprises ont été présentés. Une vidéo de présentation a permis aux investisseurs nigérians de visualiser concrètement les opportunités industrielles offertes par le Bénin. « Le gouvernement du Bénin a repositionné le pays pour en faire une base industrielle et d’exportation compétitive pour les marchés régionaux et mondiaux. L’objectif est de créer de la valeur locale, réduire la dépendance aux importations et développer des industries rentables orientées vers l’exportation », a indiqué Faki Adje, directeur général adjoint de SIPI-Bénin S.A., structure en charge de la gestion de la GDIZ.
La directrice générale de la Caisse des Dépôts et Consignations du Bénin (CDC Bénin), Maryse Lokossou, a exposé les instruments financiers disponibles pour soutenir les investisseurs. Elle a présenté les mécanismes de financement de projets de développement de l’institution, les outils de cofinancement et de garantie. Un film institutionnel illustrant le rôle de la CDC Bénin dans l’accompagnement des projets a été projeté. Une session de questions-réponses a permis d’éclairer les participants sur les possibilités concrètes d’appui financier et de structuration des projets.
Kevin Potier, directeur commercial et marketing du Port autonome de Cotonou, a présenté les capacités logistiques du Port de Cotonou et son rôle stratégique comme porte d’entrée régionale pour les marchandises. Les participants ont constaté que la logistique béninoise constitue un atout majeur pour les investisseurs souhaitant exploiter le corridor Bénin-Nigéria.
La Banque africaine d’import-export (Afreximbank), à travers son représentant régional, Christian Ndikumagenge, a détaillé les instruments de financement du commerce intra-africain et le soutien qu’elle apporte aux entreprises béninoises et nigérianes dans leurs projets industriels et agricoles. Cette intervention a mis en lumière la dimension panafricaine du forum et le rôle des institutions financières pour favoriser des partenariats durables entre pays voisins.
Les sessions de rencontres B2B ont permis aux participants d’engager des échanges directs, de finaliser des accords et d’explorer des collaborations concrètes. Des dispositifs d’accompagnement post-forum, incluant visites sur le terrain et suivi personnalisé, sont prévus pour transformer ces contacts en projets réels.
Pour Aminou Akadiri, CEO de la FEWACCI, le Bénin et le Nigéria constituent un corridor économique stratégique. « Le Bénin et le Nigéria occupent une position stratégique unique en Afrique de l’Ouest. Ensemble, ils constituent un corridor économique majeur reliant marchés, pôles de production et plateformes logistiques. La volonté des États ouest-africains d’utiliser la coopération bilatérale comme levier d’intégration économique envoie un message fort au secteur privé », a-t-il déclaré.
Jani Ibrahim, président de la NACCIMA, a rappelé que l’Afrique dispose des ressources nécessaires pour peser sur la scène mondiale à condition de renforcer les synergies régionales et les partenariats d’affaires concrets. « Nous avons les capacités, l’intellect et les ressources naturelles nécessaires pour faire la différence, pour nos pays, notre région, notre continent et le monde. Et je peux vous assurer que l’Afrique sera du côté de ceux vers qui l’on viendra demander conseil », a-t-il laissé entendre.
Le BNBF 2026 se présente comme un forum structuré pour rassurer les investisseurs sur les réformes et le climat des affaires, montrer les opportunités concrètes dans l’industrie et la logistique, présenter les outils de financement disponibles et créer des partenariats directs à travers les rencontres B2B.
Avec ce dispositif complet, le Bénin et le Nigéria affichent leur volonté de transformer leur proximité géographique et historique en investissements réels, en flux économiques et en partenariats industriels durables pour l’Afrique de l'Ouest. « Le Bénin est prêt. Les projets sont prêts. Les institutions sont alignées », a conclu Faki Adjé.