Par Romaric TOKPE
À travers cette initiative, l’institution consulaire entend rapprocher le secteur privé des mécanismes de financement climatique et des outils d’adaptation aux défis environnementaux.
Placée sous le thème « Fonds national de l'environnement et du climat (FNEC) : rôle, missions et cadre de collaboration avec le secteur privé », cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de promotion d’un modèle économique plus résilient face aux changements climatiques. « Cette rencontre s’inscrit dans une série de communications prévues pour l’année afin de créer un cadre régulier d’échanges avec le secteur privé sur les enjeux environnementaux et de genre », a déclaré la représentante de la CCIB.
Le FNEC, un levier financier structurant
Créé en 2003, le Fonds national de l'environnement et du climat (FNEC) constitue un instrument central de financement des politiques environnementales au Bénin. Il mobilise des ressources nationales et internationales, notamment auprès du Fonds vert pour le climat et du Fonds d’adaptation.
« Le FNEC agit comme un catalyseur : il transforme les ressources nationales et internationales en projets concrets orientés vers les communautés les plus vulnérables », a expliqué Prisca Jimaja Ablet, cheffe du service de mobilisation des ressources financières. À ce jour, plus de 17 milliards de francs Cfa ont été mobilisés pour financer des projets dans des secteurs clés tels que l’agriculture, l’énergie, la santé et les infrastructures.
Des impacts climatiques déjà visibles sur l’économie
Les échanges ont permis de souligner les effets croissants du changement climatique sur les activités économiques. L’agriculture, pilier de l’économie béninoise, subit une baisse de productivité liée aux sécheresses et à la dégradation des ressources naturelles.
Les inondations, quant à elles, endommagent les infrastructures et perturbent les chaînes logistiques. « Les effets du changement climatique impactent directement les performances des secteurs économiques, notamment l’agriculture, les infrastructures et le tourisme », a précisé Prisca Jimaja Ablet.
Le secteur touristique est également menacé par l’érosion côtière, tandis que le secteur financier doit faire face à une augmentation des risques liés aux sinistres et aux défauts de paiement. Par ailleurs, les vagues de chaleur affectent la productivité de la main-d’œuvre et accentuent les dynamiques migratoires.
Des opportunités pour le secteur privé
Face à ces défis, le FNEC propose plusieurs mécanismes d’accompagnement destinés aux entreprises. Il s’agit notamment de l’accès à des financements verts via des appels à projets, du renforcement des capacités des porteurs de projets et d’un appui technique dans l’élaboration des dossiers.
« Lorsque le projet est intéressant et répond aux critères des mécanismes financiers, le FNEC facilite son financement et soutient son élaboration », a indiqué Fortunée Dossou Worou, directrice de la mobilisation des ressources financières au FNEC. « Mais le premier effort doit venir des promoteurs eux-mêmes », a-t-elle ajouté.
Le Fonds encourage également la mise en place de partenariats avec les collectivités locales, les ONG et les associations, afin de favoriser une approche inclusive et territoriale des projets climatiques.
Un alignement stratégique nécessaire
La rencontre a également insisté sur l’importance pour les entreprises d’aligner leurs projets sur les documents stratégiques nationaux, notamment le Plan national d’adaptation et les Contributions déterminées au niveau national (CDN). « L’alignement des projets sur les priorités nationales est une condition essentielle pour accéder aux financements climatiques internationaux », a martelé Fortunée Dossou Worou.
Dans cette perspective, la CCIB encourage une meilleure intégration des critères climatiques dans les décisions d’investissement. Cela implique le développement de budgets verts, la mobilisation conjointe de financements publics et privés, ainsi que l’exploration de mécanismes innovants tels que le marché carbone.
Une dynamique à consolider
Cette première session a permis de poser les bases d’une collaboration renforcée entre le FNEC et le secteur privé. Elle met en évidence la nécessité d’une mobilisation conjointe des acteurs publics et privés pour faire face aux défis climatiques
En initiant ce cycle de rencontres, la CCIB confirme son rôle de facilitateur et d’accompagnateur des entreprises dans leur transition vers des modèles économiques plus durables. Les prochaines sessions devraient approfondir les liens entre genre, environnement et performance économique, dans un contexte où la résilience climatique devient un enjeu central pour la compétitivité.