Par Boris Mawuena
La rencontre a également été ponctuée d’échanges stratégiques autour du rôle des femmes dans la transformation économique du continent africain. Placée sous le signe de l’ambition, de l’audace et de l’engagement féminin, cette soirée a constitué un moment marquant pour la CDC dans sa volonté de promouvoir une économie plus inclusive.
Dans son allocution d’ouverture, Maryse Lokossou, directrice générale de l’institution, est revenue sur les débuts du programme Idera, conçu pour soutenir les initiatives entrepreneuriales portées par les femmes.
Elle a confié avoir ressenti à la fois de l’enthousiasme et une certaine inquiétude au moment du lancement du projet. « Nous avions une grande ambition, mais aussi une interrogation : et si aucun projet ne venait ? », a-t-elle expliqué. Une crainte rapidement dissipée par l’enthousiasme suscité par l’appel à candidatures.
Selon elle, les propositions reçues se sont révélées nombreuses, variées et surtout porteuses d’ambition. Cet engouement témoigne, d’après la directrice générale, du potentiel entrepreneurial important des femmes béninoises. Elle estime que si certaines hésitent encore à entreprendre, ce n’est pas par manque de capacités, mais souvent par prudence face aux risques.
C’est précisément pour répondre à ces préoccupations que le programme Idera a été conçu : offrir un cadre d’accompagnement structuré, capable de soutenir les projets, de les consolider et de faciliter leur accès au financement.
La soirée a également été marquée par la mise en place officielle du réseau « Women at CDC Bénin ». Présentée par sa présidente, Elvire Houédé Agbo, directrice de la cellule support au management, cette initiative repose sur une conviction forte : lorsque les femmes progressent, les organisations évoluent et les économies se transforment. Le réseau se veut un espace d’échanges, de solidarité et de développement du leadership féminin. Il ambitionne d’encourager le partage d’expériences, le mentorat et l’entraide entre professionnelles.
Les discussions de la soirée ont aussi porté sur les enjeux de la finance à impact et de l’entrepreneuriat féminin. Un panel réunissant plusieurs responsables du secteur financier africain a permis d’aborder les défis liés à l’accès des femmes au financement, à la bancarisation et à leur rôle dans la dynamique économique du continent.
Dans la même perspective, une conversation stratégique modérée par Maryse Lokossou s’est tenue autour du thème : « Entrepreneuriat féminin : briser les plafonds de verre, bâtir des empires ». Les participantes ont exploré les leviers susceptibles d’aider les entrepreneures africaines à surmonter les obstacles invisibles qui freinent encore leur progression.
Les échanges ont notamment mis en lumière l’importance de la structuration des modèles économiques, de l’accès aux marchés, du passage à l’échelle et de la coopération entre femmes entrepreneures. « Si nous parvenons à briser les plafonds de verre, ce ne sont pas seulement les femmes que nous libérons, mais aussi la croissance du Bénin », a souligné Maryse Lokossou.
Le point central de la rencontre a été la présentation détaillée du programme Idera. Assurée par Areta Sacramento, cheffe de projet, et Christelle Gnidéhoué, chargée de la responsabilité sociétale de l’institution, cette intervention a permis de dévoiler les premiers résultats de l’appel à projets. Au total, 137 candidatures ont été enregistrées. Après évaluation, 44 projets ont été jugés éligibles et 12 ont été retenus pour former la première cohorte, considérée comme la plus avancée en termes de maturité.
Les projets sélectionnés couvrent plusieurs secteurs stratégiques de l’économie béninoise, notamment l’agritech, l’aviculture, la transformation agroalimentaire, la filière du palmier à huile, le karité, l’ananas, le manioc, le packaging, ainsi que le bois et l’ameublement.
La soirée s’est conclue par la présentation de quelques initiatives phares portées par les entrepreneures retenues. Parmi elles figure le projet de Mabel Adékambi, qui ambitionne de développer une unité de transformation d’œufs coquilles en ovoproduits destinés au marché national et sous-régional. Estelle Ahobadé, quant à elle, travaille à la mise en place d’une usine de production de jus d’ananas.