Par Boris Mawuena
Cette rencontre statutaire a permis d’échanger autour de plusieurs enjeux majeurs du secteur bancaire. Deux thématiques principales ont structuré les discussions. La première a porté sur l’implication des établissements de crédit dans la Plateforme interopérable du Système de paiement instantané (PI-SPI) de l’UEMOA. La seconde a concerné la présentation des innovations introduites par le règlement nᵒ 06/2024/CM/UEMOA relatif aux relations financières extérieures des États membres.
En prélude à ces échanges, les participants ont examiné l’évolution récente du cadre macroéconomique, tant au niveau de l’union que du Bénin. Malgré un environnement international marqué par des incertitudes, les indicateurs traduisent une orientation globalement favorable. Au sein de l’Union, la croissance économique est estimée à 6,7% en 2025, contre 6,2% en 2024, tandis que l’inflation s’est établie à 0% sur la même période, après 3,5% un an plus tôt.
Au Bénin, la progression de l’activité économique est attendue à 7,5% en 2025, un niveau identique à celui de 2024. L’inflation, quant à elle, devrait légèrement reculer pour s’établir à 1,1%, contre 1,2% l’année précédente.
Les responsables bancaires ont également été informés des décisions issues de la réunion du comité de politique monétaire de la BCEAO tenue le 4 mars 2026. Celui-ci a acté une baisse de 25 points de base des taux directeurs, effective depuis le 16 mars 2026. Ainsi, le principal taux de refinancement est passé de 3,25% à 3,00%, tandis que le taux du guichet de prêt marginal a été ramené de 5,25% à 5,00%. Le coefficient des réserves obligatoires a, pour sa part, été maintenu à 3,0%.
S’agissant de la mise en œuvre de la PI-SPI au Bénin, un point d’étape a été présenté. À fin février 2026, six acteurs, dont cinq banques et un établissement de monnaie électronique, avaient déjà rendu la plateforme accessible au public. Plusieurs autres institutions sont en phase finale de tests, tandis que le reste du secteur poursuit son processus d’intégration.
La BCEAO a insisté sur la nécessité d’une adhésion généralisée afin de renforcer l’inclusion financière et de respecter les exigences réglementaires. Une campagne de communication d’envergure est d’ailleurs envisagée pour mieux faire connaître ce dispositif et ses avantages auprès du grand public.
Par ailleurs, une attention particulière a été accordée aux modifications apportées par le règlement N°06/2024/CM/UEMOA. Cette réforme introduit des changements notables dans la réglementation des changes, notamment en ce qui concerne l’exercice de l’activité de change manuel, les opérations de commerce international ainsi que la domiciliation des investissements et emprunts.
Enfin, les participants ont été sensibilisés aux principales infractions relevées par la commission bancaire au cours de l’exercice 2025, dans le but de prévenir leur répétition. La rencontre a également permis de renforcer les capacités des dirigeants bancaires sur leurs responsabilités en matière de gestion des comptes dormants et de participation au système de partage d’informations sur le crédit au sein de l’Union monétaire ouest africaine (UMOA).