Par Assou AFANGLO
Au siège de la Banque mondiale, le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a insisté sur le contrôle accru à avoir sur les circuits illégaux d'or. Il intervenait lors d'une rencontre organisée en marge des réunions de printemps des institutions de Bretton Woods, pour dévoiler l’approche de la Côte d’Ivoire face à l’expansion rapide de l’Exploitation minière artisanale et à petite échelle (EMAPE).
Cette rencontre a réuni des représentants du G7, des pays producteurs et acheteurs d’or, ainsi que des acteurs privés et du World Gold Council.
« Les efforts initiés à l’échelle des États, voire régionale, ne seront pas suffisants pour contenir un phénomène aussi tentaculaire si des réponses fortes et coordonnées ne sont pas engagées au niveau mondial. Il faut éviter que l’or illégal continue d’alimenter la vulnérabilité de nos communautés », a fait savoir le ministre.
Plusieurs pistes de solutions évoquées
Le ministre a, dans son intervention, appelé les parties prenantes à s'inspirer du processus de Kimberley (portant sur le diamant) pour structurer un mécanisme global de certification. En pratique, les pays signataires de cet accord garantissent que les diamants bruts exportés sont "sans conflit", transportés dans des conteneurs inviolables puis accompagnés d'un certificat d'origine conforme. De même, l'organisation de l’orpaillage artisanal en un secteur structuré, générateur de valeur et d’emplois a été aussi abordée.
Plus loin dans son exposé, le ministre a souhaité la régulation des intrants critiques utilisés dans l’orpaillage illégal, tels que le mercure et le cyanure qui continuent de circuler via des réseaux parallèles, au profit des sites clandestins.
« Il est impératif d’instaurer une régulation stricte à l’échelle mondiale de ces produits chimiques », a alerté Mamadou Sangafowa-Coulibaly, soulignant leurs effets irréversibles sur la santé des populations.
Dans ce contexte, la Côte d’Ivoire plaide pour la mise en place d’un cadre international structuré associant États, institutions financières et acteurs privés, sous l’impulsion notamment de la Banque mondiale.
En termes de chiffres, le ministre a déploré qu’en Afrique, près de 435 tonnes d’or échappent chaque année aux circuits formels, alimentant des flux financiers illicites et érodant les recettes publiques.
Une tendance que la Côte d’Ivoire connaît, avec environ 142 tonnes d’or soustraites aux canaux officiels, pour un manque à gagner estimé à 4.600 milliards de francs Cfa.
Des mesures ont été déjà engagées comme le démantèlement de plus de 7.000 sites d’exploitation illégale, l’application renforcée du Code minier, ainsi que le déploiement du Programme national de rationalisation de l’orpaillage.












