Par Janvier Gbedo
L’actionnariat de Bank of Africa (BOA) Bénin et de Bank of Africa Niger enregistre une modification structurelle. La Société de négoce et d'import-export (SONIMEX), entreprise de droit béninois, a repris les actifs financiers que la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) détenait dans ces deux banques.
Par ce transfert de titres, SONIMEX intègre la gouvernance de deux établissements bancaires opérant dans l'espace régional. Cette opération marque l’entrée de l’opérateur économique dans l’actionnariat de deux institutions financières majeures de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
Cette transaction s'inscrit dans un contexte de mutation des flux de capitaux en Afrique de l'Ouest. Elle concrétise le retrait de l'institution de financement du développement, la BOAD, au profit d'un investisseur privé local. L'opération permet à SONIMEX d'étendre son champ d'intervention au-delà du secteur commercial pour toucher le secteur financier dans deux pays distincts. Cette prise de participation témoigne d’un changement progressif dans l’économie ouest-africaine car les entreprises locales accèdent désormais à des opportunités régionales.
Le positionnement de SONIMEX sur ces deux marchés modifie la répartition du capital entre les actionnaires institutionnels, internationaux et les opérateurs privés de la zone. Cette dynamique repose sur une stratégie de déploiement de moyens financiers vers des secteurs autrefois régis par des investisseurs extérieurs à la sous-région.
Dans cette perspective, la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) est identifiée comme un levier pour les entreprises souhaitant diversifier leurs sources de financement. Le recours au marché financier régional permettrait d'accroître la visibilité des actifs béninois et de soutenir des projets d'envergure communautaire.
L'opération menée par SONIMEX pourrait encourager d’autres acteurs économiques à adopter une vision plus ambitieuse, favorisant ainsi une intégration économique accrue au sein de l'UEMOA. À terme, la multiplication de ces transferts de capital vers des entités locales est de nature à renforcer la part des capitaux ouest-africains dans le système bancaire régional.












