Par Assou AFANGLO
Le pays demeure ainsi largement en dessous du seuil de 3% fixé par les critères de convergence de l’UEMOA.
Cette performance est remarquable malgré les dynamiques observées à l’échelle mondiale. En effet, depuis 2022, l’économie internationale est secouée par une succession de chocs. Il y a la guerre en Ukraine, qui a fortement perturbé les marchés des céréales et des engrais, et les tensions persistantes au Moyen-Orient, qui entretiennent une volatilité élevée des prix du pétrole et du gaz.
À cela s’ajoutent des chaînes d’approvisionnement encore fragilisées par les séquelles de la pandémie de COVID-19, ainsi que des coûts de transport et d’assurance en hausse. Dans ce contexte, de nombreux pays ont enregistré des niveaux d’inflation élevés, parfois à deux chiffres, rendant la stabilité des prix particulièrement difficile à maintenir.
C’est donc dans cet environnement incertain que la maîtrise de l’inflation au niveau national prend tout son sens. Elle traduit une capacité d’anticipation et de résilience des autorités économiques, qui ont su contenir les pressions inflationnistes importées.
D'après l'Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques (INSEED), cette stabilité des prix n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’une politique publique cohérente et proactive, mise en œuvre dans le cadre de la feuille de route gouvernementale 2020-2025. Celle-ci a permis de mobiliser des instruments budgétaires, fiscaux et réglementaires de manière coordonnée afin de limiter la transmission des chocs externes à l’économie domestique.
Parmi les leviers activés, la régulation des prix des produits de première nécessité. En maintenant sous contrôle les coûts des denrées essentielles telles que les céréales, les huiles et les farines, le gouvernement a directement agi sur le panier de la ménagère. De même, le choix de ne pas répercuter intégralement les hausses des cours internationaux sur les prix du carburant, du gaz, de l’eau et de l’électricité a permis d’amortir les effets sur les transports, la production et les services.
C'est dire que cette combinaison d’actions reflète la volonté des autorités de faire de la maîtrise de l’inflation un pilier central de la politique économique, dans un contexte mondial de plus en plus tendu.












