Par Assou AFANGLO
Le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, a informé le Conseil des ministres du lancement d’une opération d’achat et de revente du stock de riz local détenu par l’interprofession de la filière.
Les autorités expliquent la pertinence de cette mesure par les difficultés d’écoulement de la production locale en raison de coûts élevés. Une réalité qui rend le riz local moins compétitif face au riz importé, bon marché et facilement accessible.
C’est pour rectifier le tir que le gouvernement a décidé d’acquérir un stock invendu de 26.030 tonnes de riz auprès de l’interprofession. Ce stock sera ensuite revendu à la population à un prix accessible, dans le but de favoriser la consommation locale.
L’État donne ainsi son quitus à l’Office des Produits Agricoles du Mali pour gérer cette opération. En outre, il mettra à sa disposition une subvention afin de couvrir les frais liés à cet achat.
Une production locale appelée à augmenter
Le Mali a produit environ 3 millions de tonnes de riz en 2024, marquant une légère hausse par rapport à la campagne précédente, qui s’élevait à 2,9 millions de tonnes lors de la campagne 2022-2023.
Dans une étude intitulée « Chaîne de valeur du riz au Mali : Analyse prospective et stratégies pour une croissance inclusive et durable », l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a proposé une évaluation multi-impacts de la filière rizicole au Mali sur la période 2020-2030. Les résultats montrent que le pays pourrait atteindre l’autosuffisance et devenir exportateur net de riz à l’horizon 2030, à condition que la production enregistre une croissance annuelle d’au moins 6,6% sur dix ans, passant de 2,8 à 5,5 millions de tonnes.
Plus spécifiquement, cette dynamique se traduirait par une augmentation significative des revenus des riziculteurs, qui passeraient en moyenne d’environ 296.000 à 531.000 francs Cfa. Dans les systèmes de riziculture à maîtrise totale de l’eau, le revenu par producteur connaîtrait une progression encore plus marquée, évoluant d’environ 891.000 à 1.796.000 francs Cfa, soit une croissance annuelle moyenne estimée à 7,26% sur la période.












