Par Boris Mawuena
Cette évolution intervient dans un contexte international instable, marqué notamment par la remontée des cours du pétrole et des fluctuations contrastées des matières premières. La légère hausse des prix à la consommation s’explique en partie par l’augmentation des coûts dans les services, notamment le transport, ainsi que par le renchérissement de certains produits comme les boissons alcoolisées. En parallèle, la baisse des prix des produits alimentaires, qui contribuait jusqu’ici à freiner l’inflation, s’est atténuée.
L’inflation sous-jacente, qui exclut les produits frais et l’énergie, a pour sa part légèrement reculé pour s’établir à 1,1%, signe d’une relative stabilité des prix de fond. Toutefois, cet équilibre demeure fragile, tiraillé entre des facteurs haussiers liés à l’énergie et des éléments modérateurs du côté de l’alimentation.
L’un des faits marquants du mois reste la flambée des prix du pétrole sur les marchés internationaux. Les cours du brut, notamment le WTI Crude Oil et le Brent Crude Oil, ont bondi de 35,5% sur un an. En francs Cfa, la hausse atteint 26,6%, accentuant la pression sur les économies de l’Union, fortement dépendantes des importations énergétiques. Cette situation, alimentée par des tensions géopolitiques persistantes, renchérit les coûts de transport, de production et de distribution.
Par ailleurs, les marchés des matières premières présentent des évolutions divergentes. Si l’or s’envole de 62,9%, porté par son statut de valeur refuge, et que le coton progresse légèrement (+2,0%), d’autres produits stratégiques accusent de fortes baisses. Le cacao chute de -59,9%, le café de -32,9%, la noix de cajou de -9,1% et le caoutchouc de -5,7%, pesant sur les recettes d’exportation de plusieurs pays.
Dans le même temps, les prix des denrées alimentaires importées poursuivent leur repli (-15,7%), tirés par la baisse du sucre, du lait et du riz, malgré une hausse de l’huile et du blé. Cette tendance contribue à contenir l’inflation et à alléger, partiellement, le coût de la vie des ménages.
Au total, cette configuration met en lumière la vulnérabilité des économies de l’UEMOA face aux chocs extérieurs. Elle souligne l’urgence de renforcer la production locale, de diversifier les économies et de mieux maîtriser les coûts énergétiques pour gagner en résilience.












