
Représentation numérique montre la Terre vue depuis l'espace, avec une couche sphérique transparente entourant la planète
Par Boris Mawuena
L’Afrique demeure faiblement représentée dans le classement mondial de la compétitivité publié par l’IMD Business School. Dans son édition 2026, l’étude ne recense que six économies africaines parmi les 70 pays évalués, illustrant les défis persistants auxquels le continent reste confronté en matière de gouvernance, d’infrastructures et d’environnement des affaires. Publié le 18 juin, le « World Competitiveness Ranking » mesure la capacité des économies à créer un cadre favorable à l’investissement, au développement des entreprises et à la croissance durable. L’évaluation repose sur quatre piliers : les performances économiques, l’efficacité gouvernementale, l’efficacité des entreprises et la qualité des infrastructures.
L’institut suisse s’appuie sur 172 indicateurs statistiques ainsi que sur les réponses de près de 6 900 dirigeants d’entreprise à travers le monde. Les critères analysés couvrent notamment la croissance économique, les investissements étrangers, les exportations, les finances publiques, la qualité des infrastructures, la fiscalité ou encore la disponibilité de la main-d’œuvre qualifiée.
L’Afrique du Sud reprend la tête du continent
Avec un score de 50,16 points, l’Afrique du Sud se classe au 54e rang mondial et redevient l’économie la plus compétitive du continent. Le pays gagne dix places par rapport à l’édition précédente grâce à l’amélioration de plusieurs indicateurs liés à la performance des entreprises. Le Kenya suit à la 55e place mondiale, devant le Ghana (64e), le Botswana (66e), le Nigeria (68e) et la Namibie (69e). Cette hiérarchie reflète la capacité de ces économies à maintenir un niveau relativement élevé d’attractivité malgré un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, la hausse du coût du financement et le ralentissement de la croissance mondiale.
Des défis structurels qui freinent la compétitivité africaine
La faible représentation du continent dans le classement souligne néanmoins l’ampleur des réformes encore nécessaires. Dans de nombreux pays africains, les contraintes liées aux infrastructures, à l’accès à l’énergie, à la qualité des institutions, à la productivité ou encore au financement des entreprises continuent de peser sur la compétitivité. L’IMD rappelle que la performance économique seule ne suffit plus. La qualité de la gouvernance, la stabilité réglementaire et la capacité des institutions à accompagner l’activité privée deviennent des facteurs déterminants dans les décisions d’investissement.
À l’échelle mondiale, Singapour retrouve la première place devant Hong Kong et la Suisse. Taïwan et les Émirats arabes unis complètent le Top 5, illustrant le poids croissant des économies capables de combiner innovation, efficacité institutionnelle et attractivité pour les entreprises. Pour les pays africains, l’enjeu dépasse désormais la croissance économique. Il s’agit également de construire un environnement capable d’attirer durablement les investissements, de soutenir la productivité et de renforcer la résilience des économies face aux chocs extérieurs.











