Par Boris Mawuena
Ce résultat, issu du Rapport annuel sur l’environnement de compétitivité des entreprises (RAEE 2025), traduit une dynamique encourageante, tout en révélant des insuffisances structurelles qui continuent de freiner le plein essor du secteur privé.
L’étude, menée auprès de 522 entreprises réparties dans plusieurs départements clés, met en lumière des performances contrastées. Certaines composantes de l’environnement économique tirent leur épingle du jeu. C’est notamment le cas de la dynamique des activités, notée à 66,7%, ainsi que de l’accès au financement (65,5%), deux leviers essentiels qui soutiennent la résilience du tissu entrepreneurial. Le commerce intérieur bénéficie également d’une perception relativement positive, avec un score de 59,2%.
Cependant, ces avancées ne suffisent pas à masquer les faiblesses persistantes. Les taxes et réglementations obtiennent une note moyenne de 52,5%, tandis que les infrastructures et technologies restent en retrait à 46,7%. Le commerce extérieur apparaît comme le maillon le plus fragile, avec un score de seulement 35,1%, illustrant les difficultés d’intégration des entreprises béninoises aux marchés internationaux.
Les contraintes auxquelles font face les opérateurs économiques demeurent nombreuses. L’accès au financement reste la principale préoccupation, cité par 25,7% des entreprises. Viennent ensuite la concurrence étrangère (22,8%), l’inflation (19,9%), la criminalité (19,5%) ainsi que le poids des taxes et des réglementations (18,2%). Ces difficultés rejoignent les constats établis par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest et la Banque mondiale, qui pointent régulièrement les obstacles liés au financement, aux coûts logistiques et aux rigidités administratives dans la région.
L’analyse met également en évidence des disparités selon la taille des entreprises. Les grandes structures semblent mieux armées face aux contraintes, même si elles restent sensibles aux enjeux fiscaux, aux infrastructures et à la concurrence internationale. À l’inverse, les micro et petites entreprises sont particulièrement vulnérables, notamment en raison de leur accès limité au crédit et de leur exposition accrue à la hausse des prix.
Cette différence de résilience souligne une segmentation du tissu économique national. D’un côté, des entreprises structurées capables de s’adapter aux chocs ; de l’autre, des unités plus fragiles, souvent informelles, confrontées à un risque élevé de disparition précoce.
Face à ces défis, le rapport préconise des politiques économiques ciblées. L’amélioration des infrastructures, la simplification des procédures administratives et le renforcement de l’accès au financement apparaissent comme des priorités. L’objectif est clair : transformer la résilience actuelle des entreprises en une compétitivité durable, condition indispensable à une croissance inclusive et à la transformation structurelle de l’économie béninoise.










