Par Janvier Gbedo
Cette décision juridique vise à protéger l'intégrité de ce site du XVIIᵉ siècle face à la croissance démographique et à la dégradation environnementale. L'inscription de la cité de Ganvié au patrimoine culturel national modifie la gestion des espaces lacustres au Bénin.
Cette mesure du conseil des ministres répond à la nécessité de stabiliser un site dont les fondements historiques et écologiques subissent des altérations dues à la densité de population et aux mutations des modes de vie. Le statut juridique permet, d’après le conseil, d'encadrer l'évolution urbaine de cette collectivité du lac Nokoué, où l'urbanisation et l'usage de matériaux inadaptés touchent l'architecture sur pilotis.
Le cadre réglementaire impose une surveillance des interventions physiques, soumettant toute modification architecturale ou projet d'infrastructure à des protocoles de sauvegarde.
Cette protection législative s'articule avec le programme opérationnel de restructuration de l'habitat. « L'initiative prévoit la construction de 250 habitations-types, sur un objectif de 1.000 unités, afin de remédier à la vétusté des structures et à leur exposition aux aléas naturels. L'utilisation de prototypes doit définir des méthodes de construction pour les populations locales, en visant la sécurité des résidents et le respect du paysage lacustre », a annoncé le conseil.
Sur le plan environnemental, le classement au patrimoine national déclenche des mesures de restauration des écosystèmes. La pollution des eaux, résultant des rejets domestiques et des activités économiques, ainsi que les effets du changement climatique sur le régime hydraulique, constituent des enjeux pour la viabilité de la cité.
Le plan d'action, à en croire le gouvernement, intègre la mise en place d'un système d'assainissement. Ce réseau, dit-il, comprend des kilomètres de canalisations gravitaires et sous pression, ainsi que des stations de pompage destinées à acheminer les effluents vers une unité de traitement centralisée.
« Ce dispositif technique vise l'assainissement du lac Nokoué et la production d'énergie par la méthanisation des eaux usées. En parallèle, des travaux de rénovation de l'embarcadère d'Abomey-Calavi et le balisage des chenaux de navigation sont engagés pour la mobilité et les conditions d'hygiène », annonce le compte-rendu.
Cette restructuration technique et juridique vise également à maintenir l'activité touristique de la zone. En préservant les marchés flottants et l'organisation sociale des habitants, l'État prépare le terrain pour une reconnaissance internationale.
Le classement national constitue le socle administratif pour la candidature du site à une inscription sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Cette mutation de Ganvié combine protection du patrimoine, installation d'infrastructures de base et gestion des ressources naturelles pour assurer la transmission de cet héritage.