Par Romaric TOKPE
L’événement, placé sous le thème «Projecteur sur les opportunités liées à la transformation semi-industrielle et industrielle de la viande de volaille au Bénin», a pour objectif de réfléchir aux stratégies à mettre en œuvre pour renforcer la production locale, encourager la transformation industrielle et créer davantage de valeur ajoutée dans la filière avicole.
Dans son allocution d’ouverture, le Secrétaire général de la CCI Bénin Raymond Adjakpa Abile, représentant le président de l’institution consulaire, a salué la vitalité croissante du secteur avicole béninois. Il a expliqué que la transformation locale de la volaille constitue un levier essentiel pour stimuler la croissance économique, garantir la sécurité alimentaire et générer de nouveaux emplois, notamment pour les jeunes et les femmes. Cette initiative vise également à identifier les obstacles à la transformation industrielle et à promouvoir les partenariats public-privé pour une meilleure valorisation du potentiel national.
Le coordonnateur de l'OCIS, Hyppolyte Koukou, a présenté une communication sur l’état actuel de la production avicole au Bénin. En 2022, le pays a importé environ 152.000 tonnes de viande de volaille congelée, pour une valeur estimée à 69 milliards de francs Cfa tandis que la production locale atteignait à peine 9.675,3 tonnes. Cette forte dépendance vis-à-vis des importations, principalement en provenance du Brésil et de l’Union européenne, met en évidence la nécessité d’accélérer la transformation locale.
Cependant, les indicateurs récents ont toutefois révélé une évolution encourageante. Entre 2017 et 2023, la valeur commerciale du secteur est passée de 59 à 69 milliards de francs Cfa et le taux d’autosuffisance nationale en viande de volaille a progressé de 8,7% à 47,8%. Ces avancées confirment le potentiel considérable de la filière pour contribuer à la souveraineté alimentaire et au développement économique du pays.
Nombreux à avoir pris part à ce débat, les éleveurs ont relevé plusieurs défis, notamment le manque d’infrastructures de transformation, les difficultés d’accès au financement, les risques sanitaires et la faible professionnalisation du secteur. Pour y remédier, ils ont proposé la création de zones intégrées d’élevage et de transformation, un accompagnement technique renforcé des producteurs ainsi qu’une meilleure adaptation des dispositifs de financement aux réalités du terrain. Aux côtés des représentants de l’ATDA, de l’INRAB, de l’EPAC et du groupement des importateurs de produits congelés, les échanges ont également porté sur la récente décision du gouvernement d’interdire l’importation de volailles congelées, perçue à la fois comme un défi et une opportunité de relance durable de la production locale.
En clôturant les travaux, le Secrétaire général de la CCI Bénin a réaffirmé l’engagement de l’institution à accompagner la transformation structurelle de l’économie nationale. «Le Bénin a tout pour devenir un pôle régional de transformation agroalimentaire. Ensemble, faisons de la volaille béninoise un moteur de croissance et de fierté nationale», a-t-il lancé, sous les applaudissements des participants.