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Bénin : l’État veut réduire la dépendance des entreprises publiques aux subventions

Le Bénin prévoit de renforcer la gouvernance des entreprises publiques afin de réduire leur dépendance aux financements de l’État et d’améliorer leur contribution à l’économie.

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Rodrigue Chaou, Ministre chargé du budget et de la fonction publique

Rodrigue Chaou, Ministre chargé du budget et de la fonction publique

Par Boris Mawuena

Le gouvernement béninois veut accélérer la transformation de ses entreprises publiques afin d'améliorer leur performance financière et de réduire progressivement leur dépendance aux subventions budgétaires. Inscrite dans le Document de Programmation Budgétaire et Économique Pluriannuelle (DPBEP) 2027-2029, cette orientation s'inscrit dans une stratégie plus large de maîtrise des finances publiques et d'amélioration de l'efficacité de l'action de l'État. Présentes dans des secteurs stratégiques tels que l'énergie, l'eau, les transports, l'agriculture, la santé ou encore l'éducation, les entreprises publiques jouent un rôle déterminant dans le fonctionnement de l'économie nationale. Leur efficacité influence directement la qualité des services rendus aux populations, mais aussi la compétitivité globale du pays.

Dans un contexte marqué par la montée des besoins d'investissement public, le gouvernement entend renforcer leur gouvernance afin qu'elles contribuent davantage à la création de richesse et mobilisent une part plus importante de leurs propres ressources.

Une forte dépendance aux financements publics

Les données disponibles illustrent l'ampleur du défi. Selon la Note analytique sur les établissements publics annexée à la loi de finances 2026, les recettes générées par ces structures ne représentent en moyenne que 21,98 % de leurs ressources totales. À l'inverse, les transferts de l'État couvrent près de 72,10 % de leurs besoins financiers. En 2024, les établissements publics ont mobilisé 31,9 milliards de francs Cfa de recettes propres, tandis que les contributions de l'État ont atteint 94,5 milliards de francs Cfa.

Cette situation limite les marges de manœuvre budgétaires de l'État. Plus les besoins de financement des établissements publics sont élevés, moins les ressources publiques peuvent être orientées vers les investissements structurants ou les programmes sociaux prioritaires. Face à ce constat, les autorités souhaitent promouvoir une gestion davantage axée sur les résultats, la performance financière et la responsabilisation des dirigeants.

Gouvernance et rationalisation du portefeuille public

La stratégie gouvernementale repose notamment sur le renforcement du suivi financier des entreprises publiques. Ce dispositif est piloté par la Direction générale des participations de l'État et de la dénationalisation (DGPED), qui assure l'analyse des états financiers, le suivi des commissaires aux comptes, les missions de contrôle ainsi que la professionnalisation des organes de gouvernance. Le gouvernement entend également poursuivre la rationalisation du portefeuille public. Ces dernières années, plusieurs restructurations ont été engagées afin de réduire les doublons administratifs et d'améliorer l'efficacité des structures publiques.

La création de l'Agence des systèmes d'information et du numérique (Asin), issue du regroupement de plusieurs entités du secteur numérique, ou celle de l'Agence béninoise pour la recherche et l'innovation (Abri), née de la fusion de trois organismes, illustrent cette démarche de mutualisation des ressources et des compétences.

Un enjeu central pour la soutenabilité budgétaire

Au-delà de la seule performance des établissements publics, cette réforme répond à un objectif de soutenabilité des finances publiques. Le gouvernement vise pour la période 2027-2029 une croissance économique proche de 7,5 %, une inflation maintenue sous le seuil communautaire de 3 %, une progression des recettes fiscales et une gestion maîtrisée de la dette publique.

Dans cette perspective, l'amélioration de la performance des entreprises publiques apparaît comme un levier complémentaire de consolidation budgétaire. Une réduction progressive de leur dépendance aux transferts de l'État permettrait de dégager davantage de ressources pour financer les infrastructures, l'éducation, la santé ou encore les programmes sociaux.

Le succès de cette transformation dépendra toutefois de la capacité des établissements publics à renforcer leur gouvernance, à améliorer leur efficacité opérationnelle et à développer une véritable culture de la performance. C'est à cette condition que les entreprises publiques pourront devenir des acteurs économiques créateurs de valeur plutôt que des structures durablement dépendantes du soutien budgétaire de l'État.

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