Une transition énergétique qui s’écrit au présent
La transition énergétique n’est plus une idée lointaine: elle s’écrit ici, au Bénin, dans nos rues, nos quartiers et jusque dans nos habitudes de mobilité. Chaque jour, des milliers de Béninois se déplacent désormais sans bruit, sans essence et sans émissions, grâce à un choix audacieux : celui de la mobilité électrique. Depuis plus de trois ans, Spiro s’est engagé à faire de cette vision une réalité. En tant que pionnier de la mobilité électrique au Bénin, nous avons contribué à poser les fondations d’un écosystème durable, capable d’inspirer tout un continent.
Trois ans d’innovation, d’audace et de résilience
Le chemin parcouru a été jalonné de défis, mais aussi de grandes réalisations. Aujourd’hui, plus de 8.000 véhicules électriques légers circulent sur le territoire, soutenus par un réseau de 120 stations d’échange de batteries et plusieurs centres de maintenance et de formation technique. Ces infrastructures font du Bénin l’un des pôles émergents de l’électromobilité en Afrique de l’Ouest.
Mais cette réussite s’est bâtie dans un contexte exigeant : des contraintes énergétiques persistantes, un besoin d’adaptation culturelle face à des habitudes profondément ancrées et des incertitudes réglementaires dans un secteur encore jeune. Ces défis ont forgé une conviction : la transition énergétique ne se décrète pas, elle se co-construit, entre acteurs publics, privés et citoyens.
Un contexte de mobilité en pleine mutation
Le transport constitue à lui seul près de 25% des émissions de gaz à effet de serre du Bénin selon le ministère du Cadre de vie et du Développement durable (MCVDD, 2023). À Cotonou, plus de 250.000 motos-taxis sillonnent chaque jour la ville, consommant plusieurs centaines de milliers de litres de carburant par semaine. Dans ce paysage urbain saturé, la mobilité électrique offre une alternative économique et environnementale concrète.
Le marché béninois de la mobilité urbaine se structure progressivement : des entreprises comme Spiro, Zed Motors et Ehu Motors ont déjà mis sur les routes plus de 9.000 véhicules électriques légers, soit environ 3% du parc de transport motorisé de la capitale.
Ce qui est particulièrement intéressant, ce sont les perspectives prometteuses : des projets structurants avec le gouvernement et la Banque mondiale sont en phase de préparation pilote, incluant notamment l’introduction de plus de 5.000 nouveaux véhicules électriques d’ici 2026, avec le soutien du secteur privé et de programmes en cours de finalisation. Mais au-delà des chiffres, c’est une transformation de fond qui s’opère : celle d’une mobilité plus propre, plus inclusive et plus connectée.
L’exemple des pionniers africains : S’inspirer sans copier
Le Rwanda, le Kenya et le Ghana ont démontré qu’une politique volontariste pouvait transformer un marché naissant en filière industrielle. Le Rwanda a adopté une politique ambitieuse de mobilité électrique : exonérations fiscales sur les véhicules électriques et les équipements de recharge, combinées à la création de zones à faibles émissions où seules les motos électriques peuvent circuler. Le Kenya a créé un “Green Mobility Fund” pour soutenir les startups locales.
Le Ghana, enfin, s’est doté d’un cadre réglementaire clair et incitatif pour les opérateurs privés. Ces pays montrent que l’innovation privée ne suffit pas sans un cadre public structurant. C’est cette alliance entre la vision politique et la créativité entrepreneuriale qui fait la différence. Et le Bénin, aujourd’hui, est prêt à franchir ce cap.
Bâtir un modèle béninois de la mobilité durable
Le Bénin a déjà fait preuve d’audace en attirant des acteurs de référence tels que Spiro et en instaurant une exonération des droits de douane sur tous les véhicules électriques importés sur son territoire. Il est temps à présent de consolider cette dynamique, en bâtissant un modèle béninois de la mobilité durable, fondé sur trois piliers : la clarté réglementaire, la souveraineté énergétique et l’inclusion sociale.
D’abord, un cadre réglementaire clair et incitatif. La mise en place d’une Politique nationale de la mobilité électrique, intégrée à la stratégie énergétique et climatique du pays, serait un signal fort. Elle permettrait d’établir des normes techniques pour les batteries et véhicules, d’instaurer d’autres avantages fiscaux pour les pionniers du secteur et de mettre en place un mécanisme de suivi pour évaluer les retombées économiques et environnementales.
Ensuite, la création d’un Fonds national pour la mobilité et l’énergie propre, inspiré du modèle kényan. Ce fonds, alimenté conjointement par l’État, le secteur privé et les bailleurs internationaux, pourrait financer la construction d’infrastructures de recharge, la conversion des véhicules thermiques existants, ou encore la recherche sur le recyclage et la seconde vie des batteries.
Enfin, le développement d’une production énergétique décentralisée. Spiro expérimente déjà au Nigéria des stations d’échange de batteries partiellement alimentées par l’énergie solaire. Généraliser ces modèles hybrides permettrait de réduire la pression sur le réseau électrique national, tout en renforçant l’autonomie énergétique locale. Ce serait également une manière d’accélérer la convergence entre transition énergétique et électrification rurale.
L’inclusion, moteur du changement
Une transition énergétique réussie est avant tout une transition sociale. La mobilité électrique doit être perçue non comme une technologie élitiste, mais comme une opportunité d’emploi et de progrès. Chaque station, chaque atelier de maintenance, chaque centre de formation représente une source d’emploi qualifié pour la jeunesse béninoise. Des programmes de formation technique, adossés à des partenariats entre l’État, les opérateurs privés et les écoles professionnelles, pourraient permettre à des centaines de jeunes de devenir techniciens, installateurs, gestionnaires de batteries ou spécialistes des énergies renouvelables.
Penser la mobilité urbaine du futur
Les villes africaines évoluent vite et celles qui planifient dès aujourd’hui leur mobilité seront les grandes gagnantes demain. Le Bénin pourrait, à l’instar du Rwanda, instaurer des zones à faibles émissions dans ses centres urbains, des quartiers où la circulation serait prioritairement réservée aux véhicules électriques ou hybrides. Une telle initiative réduirait les nuisances sonores et la pollution de l’air, tout en stimulant la demande pour les véhicules propres. En parallèle, des politiques de stationnement préférentiel, de tarification énergétique spécifique, ou encore de financement participatif des bornes publiques pourraient accélérer cette transformation urbaine.
Une vision à partager
Au-delà de la technologie, la transition énergétique incarne un changement d’habitude, de paradigme : celui d’une croissance fondée sur l’efficacité, la souveraineté et la coopération. Elle nous invite à consommer localement, produire proprement et innover collectivement. Spiro s’inscrit pleinement dans cette ambition nationale. Mais aucun opérateur, aussi visionnaire soit-il, ne peut réussir seul. C’est dans la synergie entre l’État, les entreprises, les institutions financières, les chercheurs et les citoyens que réside la clé du succès.
Faire du Bénin un modèle africain de la mobilité électrique
La transition énergétique ne se décrète pas, elle se construit, pas à pas, station après station, trajet après trajet. Le Bénin a déjà enclenché le mouvement et le rythme s’accélère. Aujourd’hui, il s’agit d’aller plus loin: d’inscrire cette révolution dans nos politiques publiques, nos villes et nos mentalités. Car le moteur du changement, désormais, ne tourne plus à l’essence, mais à la vision. Et cette vision, le Bénin la porte déjà, celle d’un pays qui choisit de maîtriser son énergie, de moderniser sa mobilité et d’inspirer toute une génération africaine.