Par Assou AFANGLO
Le premier producteur d'or d'Afrique s'efforce de stimuler la participation nationale dans le secteur après avoir refusé de renouveler le bail de la mine, mettant ainsi fin aux opérations de Gold Fields à Damang.
Gold Fields, qui avait acquis des participations dans la mine de Damang dans les années 1990, envisageait déjà de se retirer en raison du vieillissement de la mine et de la diminution de ses réserves. La décision du gouvernement a accéléré ce processus, accordant une prolongation de 12 mois afin de permettre une transition réussie vers une propriété locale.
Alors que d'importants actifs restent détenus par des multinationales comme AngloGold Ashanti, Newmont Corporation et Zijin Mining Group, le gouvernement cherche à obtenir une part plus importante des revenus tirés des ressources naturelles.
Dans le communiqué datant du 24 mars, le ministre des Terres et des Ressources naturelles, Emmanuel Armah-Kofi Buah, a annoncé que seules les entreprises « détenues à 100% par des citoyens ghanéens » pouvaient candidater, excluant de fait les soumissionnaires étrangers.
Cette restriction ouvre la porte aux acteurs nationaux. Selon certaines sources, trois soumissionnaires sont présélectionnés.
Pour le Ghana, la décision de confier Damang aux nationaux reflète une évolution plus large vers le nationalisme des ressources, où les gouvernements recherchent un contrôle accru et des retombées nationales plus importantes des opérations minières. Il s'agit d'une dynamique régionale en cours.
En renforçant la participation de l'État et en durcissant les régimes d'autorisation, les gouvernants réévaluent leurs accords avec les multinationales pour stimuler l'actionnariat local, créer des emplois et garantir que les recettes minières restent au sein des économies nationales plutôt que de partir à l'étranger.