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DSI Awards 2025 : Quand l’intelligence artificielle s’invite dans les champs béninois

À l’occasion des DSI Awards 2025 à Cotonou, un panel de haut niveau a réuni acteurs publics, experts du numérique et entrepreneurs autour du thème : « Startup et innovation, booster l’agriculture béninoise par la data, les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle ». Une réflexion au cœur des enjeux de souveraineté alimentaire, de modernisation du secteur agricole et d’inclusion numérique.

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DSI Awards 2025 : Quand l’intelligence artificielle s’invite dans les champs béninois

À l’occasion des DSI Awards 2025 à Cotonou, un panel de haut niveau a réuni acteurs publics, experts du numérique et entrepreneurs autour du thème : « Startup et innovation, booster l’agriculture béninoise par la data, les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle ». Une réflexion au cœur des enjeux de souveraineté alimentaire, de modernisation du secteur agricole et d’inclusion numérique.

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Par Brunelle TCHOBO

Modéré par Armel Ague, directeur des systèmes d’information du Ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche (MAEP), le panel a rappelé l’importance vitale de l’agriculture pour l’économie nationale ainsi que la nécessité de la donnée et de la digitalisation pour améliorer les rendements. « Près de 70% de la population béninoise vit de l’agriculture. Renforcer la productivité et les revenus des petits exploitants est une condition essentielle de notre progrès collectif », a souligné Armel Ague. Mais les défis restent nombreux, notamment le changement climatique, la dégradation des sols, la concurrence sur les marchés, la faiblesse des revenus et l’accès limité à l’information.

Pour Armel Ague, la clé réside désormais dans la donnée et l’intelligence artificielle. « L’agriculteur qui a accès à l’information possède un avantage décisif. Les solutions numériques et l’IA peuvent aujourd’hui l’aider à mieux décider, anticiper les risques et améliorer ses rendements », a-t-il expliqué, ouvrant ainsi le débat sur les innovations portées par les start-up agricoles.

Intervenant central du panel, Donald Tchaou, directeur de Tic-Agrobusiness, a partagé l’expérience concrète de solutions basées sur l’IA, notamment dans la lutte contre les ravageurs. « Nous avons développé une application de détection de la chenille légionnaire grâce à l’intelligence artificielle. Mais le premier défi a été la collecte de données fiables », a-t-il confié.

Face à l’analphabétisme numérique de nombreux producteurs, son équipe a également conçu une plateforme vocale et un assistant conversationnel en langues locales. « L’IA peut aujourd’hui converser avec un producteur par téléphone comme s’il parlait à un conseiller agricole. Mais entraîner une intelligence artificielle à parler le fon, par exemple, exige énormément de données », a-t-il précisé. Autre difficulté majeure, l’accès à des données climatiques fines à l’échelle des exploitations agricoles reste encore insuffisant au Bénin.

Du côté de l’État, Naboua Kouhoundji, chef de division SIG et Télédétection au MAEP, a mis en lumière l’énorme potentiel des bases de données agricoles publiques. « Depuis 2016, le ministère a engagé la constitution de vastes bases de données couvrant les différentes filières, notamment les cultures, l’élevage, la transformation, les intrants, la sécurité alimentaire et le climat. Ces données existent, mais elles doivent être mieux exploitées », a-t-il indiqué.

Il voit dans l’IA une opportunité majeure pour la jeunesse béninoise, notamment dans l’analyse de données agricoles, le géomarketing, la modélisation climatique et la sécurisation des systèmes d’information. « Une start-up peut se spécialiser dans l’analyse, une autre dans la sécurisation, une autre encore dans l’aide à la décision agricole. Le champ des opportunités est immense », a-t-il insisté.

Sur la question du passage à l’échelle nationale des innovations, Kouadio Amavi, Responsable TIC du programme ACMA3, a plaidé pour de solides partenariats public-privé. « Il est indispensable que la recherche, l’État, les start-up et les bailleurs travaillent ensemble. La certification des données, l’adoption des solutions locales et leur intégration dans les politiques publiques sont essentielles », a-t-il précisé, en citant des exemples de collaboration avec des universités et des projets internationaux.

La question de la qualité, de la sécurité et de la confidentialité des données a également été abordée. Des mécanismes de contrôle, d’anonymisation et de validation sont progressivement mis en place au sein du ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, même si les défis restent importants.

Ce panel a ainsi mis en évidence une certitude. L’agriculture béninoise entre dans une nouvelle ère, portée par la donnée, l’intelligence artificielle et l’innovation locale. Une transformation encore en construction, mais déjà porteuse d’espoir pour des milliers de producteurs.

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