Par Assou AFANGLO
Prévue sur une superficie de 550 hectares près de Sakassou, la future zone logistique et industrielle de Bouaké répond à des enjeux nationaux qui s’articulent autour de trois axes. Il est tout d'abord question de désengorger le port autonome d’Abidjan. En effet, le trafic du port autonome d’Abidjan a atteint en 2025, 46,6 millions de tonnes de marchandises, contre 40,1 millions en 2024. La hausse de 16,1% est une illustration de la dynamique commerciale du hub ivoirien et de son rôle dans les échanges ouest-africains.
En deuxième position, le projet Zone logistique et industrielle de Bouaké vise à fluidifier les chaînes d’approvisionnement nationales. Cela implique une rapidité et une fiabilité des circuits de distribution des marchandises à l'intérieur du pays. Enfin, ce projet va aussi rapprocher les outils de production des bassins agricoles du Centre, du Nord et de l’Ouest du pays, et créer massivement des emplois durables pour la jeunesse ivoirienne.
En d'autres termes, les usines, unités de transformation, équipements ou infrastructures seront installés plus près des régions où les produits agricoles sont cultivés. Conséquences directes : moins de coûts de transport, réduction des pertes de récoltes, transformation plus rapide des produits agricoles et meilleure valorisation des productions locales. Pendant ce temps, la jeunesse aura des emplois plus durables et stables, notamment dans l'agriculture, la transformation industrielle, la logistique, le transport, la maintenance, le commerce et les services liés.
Au cours de la cérémonie de lancement de l’étude, le directeur de cabinet adjoint, Abdoulaye Alliagui, représentant le ministre des Transports et des Affaires maritimes, Amadou Koné, a rappelé que ce projet s’inscrit dans la politique d’aménagement du territoire portée par le président Alassane Ouattara, avec pour objectif de faire de chaque région un pôle de croissance. « Bouaké, deuxième ville de Côte d’Ivoire, carrefour historique entre le Nord et le Sud, l’Ouest et l’Est, a une vocation naturelle, devenir un hub logistique majeur de l’Afrique de l’Ouest », a-t-il souligné.
Une étude confiée au BNETD
L’étude de faisabilité a été confiée au Bureau national d’etudes techniques et de développement (BNETD), un organisme public spécialisé dans la planification de grands projets. Cette étude, prévue pour durer environ 10 mois prendra en compte des aspects clés du projet. Il y a entre autres l'aménagement global de la zone, les types d’industries à installer, le modèle de gestion et d’exploitation, les infrastructures nécessaires (routes, énergie, stockage, etc.), le coût global de mise en œuvre, les impacts sociaux et éventuellement les compensations des populations affectées.
Un projet inscrit dans le PND
Le projet Zone logistique et industrielle de Bouaké (ZLIB) n'est pas isolé. Il fait partie du Plan national de la logistique 2026-2040, un programme d’envergure dont le coût global est estimé à 9.800 milliards de francs Cfa. D'un autre côté, il cadre aussi avec le Plan national de développement ( PND) ayant un coût global de 114.838,5 milliards de francs Cfa avec une participation de 70,2% du secteur privé et de 29,8% du secteur privé.
En tant que véritable feuille de route stratégique du gouvernement ivoirien, le PND va contribuer à accélérer la transformation économique du pays et atteindre le statut de nation à revenu intermédiaire supérieur à l’horizon 2030. Située à environ 350 km au nord d’Abidjan sur le grand axe routier reliant Abidjan, Yamoussoukro et Korhogo, la ville de Bouaké se positionne comme un carrefour stratégique du commerce ouest-africain.












