Par Assou AFANGLO
La décision est contenue dans un communiqué interministériel conjointement signé par les ministres en charge du Commerce, de l’Agriculture et de l’Économie.
Cette mesure vise, selon les autorités, à assurer la disponibilité du bétail sur le marché national. Elle a pris effet dès sa date de signature tout en prenant en compte la suspension de la délivrance des Autorisations spéciales d’exportation (ASE) du bétail.
Les exportateurs disposant déjà d’ASE en cours de validité bénéficient d’un délai d’une semaine pour achever les formalités d’exportation engagées. Les autorités mettent en garde les contrevenants, en évoquant des sanctions selon les lois en vigueur. L'impact de cette mesure va au-delà du Burkina Faso.
La Côte d'Ivoire et d'autres pays impactés
La Côte d'Ivoire fait partie des pays qui pourront être fortement impactés par cette décision. Selon plusieurs sources, le Burkina Faso représente à lui seul « plus de 80% des importations de bétail » de la Côte d’Ivoire.
L’Agence régionale pour l’agriculture et l’alimentation de la CEDEAO a confirmé que « la majorité du bétail consommé en Côte d’Ivoire provient du Burkina Faso ». Ce qui alimente les marchés primaires et le marché terminal d’Abidjan/Port Bouet.
Le Burkina Faso est donc un acteur clé de la filière régionale du bétail. En 2022, la Côte d’Ivoire a absorbé 56,5% des exportations burkinabè de bétail et de viande, devant le Ghana (38,9%). Au-delà de la Côte d'Ivoire, d'autres pays de la sous-région comme le Togo, le Bénin, le Ghana et le Nigeria sont aussi des importateurs du bétail burkinabè.
Le Burkina Faso multiplie ses mesures de protection des producteurs et consommateurs
Les suspensions d'importation et d'exportation ne cessent de se multiplier au Burkina Faso. Une suspension des exportations de tomates fraîches a été instaurée le 16 mars 2026 avant d'être levée deux semaines plus tard. L'objectif était de faciliter l'approvisionnement des usines de transformation locales en matière première.
Par ailleurs, une suspension jusqu'à nouvel ordre des importations de riz est toujours d'actualité. Elle vise à favoriser l’écoulement de la production nationale et à renforcer la souveraineté alimentaire du pays. Pour le blé, une limitation des quotas a été décidée tandis que le sucre fait l'objet d'une surveillance accrue. Il revient donc à chaque pays de développer des stratégies pouvant réduire toute dépendance excessive.












