Par Assou AFANGLO
Cette initiative prévoit le déploiement de 90.000 kilomètres de fibre optique en libre accès sur l’ensemble du territoire national. Elle s’accompagne d’un important volet de renforcement des compétences numériques, avec pour objectif de former une main-d’œuvre qualifiée. À terme, ce programme entend également stimuler la création d’emplois et soutenir l’innovation dans ce pays, le plus peuplé du continent africain.
En pratique, l’économie numérique contribue de plus en plus au PIB du Nigeria. Le projet D-VIBE (« Digital Value Chain Infrastructure for Boosting Employment » ; en français, « Infrastructure de la chaîne de valeur numérique pour stimuler l’emploi ») devrait permettre de combler les lacunes en matière de connectivité et de soutenir la productivité et la création d’emplois.
Pour concrétiser cette ambition, la dorsale nationale en fibre optique sera considérablement étendue, passant d’environ 30.000 kilomètres actuellement à près de 120.000 kilomètres. Le projet prévoit également de connecter au haut débit les 774 zones de gouvernement local, incluant les écoles, les établissements de santé, les zones agro-industrielles, les communautés rurales ainsi que les pôles commerciaux.
Par ailleurs, des interconnexions transfrontalières seront mises en place afin de renforcer l’intégration numérique régionale, notamment avec le Bénin, le Cameroun, le Niger et le Tchad.
Le projet D-VIBE devrait contribuer à la création de 2,8 millions d’emplois et porter le taux de pénétration du haut débit à l’échelle nationale de 45% à environ 70% d’ici 2030.
2 milliards de dollars pour tout le projet
L’initiative repose sur un partenariat public-privé structuré via un véhicule ad hoc. La participation publique y est plafonnée entre 25% et 49%, tandis que celle du secteur privé varie de 51% à 75%. Ce montage vise notamment à surmonter les contraintes liées au déploiement, en particulier les coûts élevés de construction et les droits de passage.
Sur le plan financier, le projet bénéficie d’un important appui multilatéral. Le Groupe de la Banque africaine de développement y contribue à travers un financement souverain de 800 millions de dollars, aux côtés de la Banque mondiale (500 millions de dollars) et de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), qui apporte 100 millions de dollars.
Le coût total du projet, estimé à environ 2 milliards de dollars, est également complété par un don de 22 millions d’euros de l’Union européenne et une contribution de 2,6 millions de dollars du Centre de coopération multilatérale pour le financement du développement (MCDF) destinée à la préparation du projet. Enfin, le secteur privé devrait mobiliser au moins 1,2 milliard de dollars d’investissements.
Au-delà de la mise en place des infrastructures, le projet entend également lever les freins à l’adoption du numérique du côté de la demande. Il prévoit ainsi de faciliter l’accès à des équipements numériques abordables, de développer les compétences digitales à grande échelle et de soutenir le déploiement de plateformes numériques dans des secteurs prioritaires.
Notons que cette initiative s’inscrit dans plusieurs cadres stratégiques majeurs, notamment la Vision 2050 du Nigeria, son Plan national de développement, ainsi que le Plan de développement de l’espoir renouvelé (2026-2030). Elle est également alignée sur l’Agenda 2063 de l’Union africaine et la Stratégie décennale 2024-2033 du Groupe de la Banque africaine de développement.












