Par Brunelle TCHOBO
Annoncée le 11 mai 2026 à Nairobi, en marge de l’Africa Forward 2026, cette opération structurée sous forme de transaction croisée entre l’euro et le franc Cfa est présentée comme une première mondiale par son ambition et son mécanisme innovant.
Structurée par la société Galite, cette opération vise à répondre aux défis actuels liés à la réforme de l’architecture financière mondiale. Elle doit permettre d’élargir l’accès au marché du franc Cfa (XOF), de soutenir les réserves de change de la zone UEMOA et de financer des projets structurants portés par le secteur privé.
Un mécanisme destiné à renforcer la résilience économique
Selon les deux institutions, cette transaction financière doit contribuer à diversifier les sources de financement des entreprises locales tout en renforçant la stabilité macroéconomique de la région. Les ressources mobilisées serviront notamment à soutenir des projets à fort impact économique et social ainsi que la création d’emplois dans les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine.
La directrice générale de PROPARCO, Françoise Lombard, a salué une initiative qui marque « une étape majeure » dans le financement de l’économie africaine, particulièrement dans l’espace UEMOA. Elle estime que cette opération permettra d’accroître la mobilisation de ressources en monnaie locale au profit du secteur privé et des économies régionales.
« Cette initiative s’inscrit pleinement dans la dynamique de réforme de l’architecture du financement du développement », a-t-elle déclaré. Elle a souligné la volonté commune des deux partenaires d’accompagner durablement les entreprises de la région grâce à davantage de prêts en francs Cfa.
La BOAD veut attirer davantage d’investissements
Pour le président de la BOAD, Serge Ekué, ce partenariat illustre la profondeur de la coopération entre les deux institutions financières. Selon lui, cette opération confirme le rôle de la BOAD comme mobilisateur de ressources pour la région. « Élargir le champ des moyens d’action est essentiel pour soutenir durablement la transformation des économies de l’UEMOA », a-t-il affirmé. Il estime également que cette transaction constitue une étape importante dans la capacité des institutions africaines à attirer plus de financements vers des projets structurants sur le continent.
PROPARCO et la BOAD misent sur le financement du développement
Présente en Afrique depuis près de cinquante ans, PROPARCO finance des projets liés aux infrastructures durables, à l’industrie, à l’agriculture, aux PME ainsi qu’à l’innovation. Entre 2022 et 2025, l’institution a engagé plus de 4,6 milliards d’euros sur le continent africain.
De son côté, la BOAD demeure l’institution commune de financement du développement des États de l’Union monétaire ouest-africaine. Accréditée auprès de plusieurs mécanismes internationaux de finance climat, elle joue également un rôle actif dans les discussions internationales sur le financement du développement durable et de la transition climatique.












