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Budgets 2026 au sein de l’UEMOA : Les États, entre ambitions de croissance et discipline budgétaire

Les États de l’UEMOA préparent leurs budgets 2026 dans un contexte de reprise post-crise, de stabilité macroéconomique et de respect des critères de convergence.

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Par Brunelle TCHOBO

Si les orientations diffèrent selon les priorités nationales, la recherche d’un équilibre entre investissements de développement et rigueur budgétaire est constante. Au Bénin, le projet de loi de finances pour 2026 s’élève à 3.783,984 milliards de francs Cfa, en hausse de 6,6% par rapport à 2025. Le Document de Programmation Budgétaire et Économique Pluriannuelle (DPBEP 2026-2028) prévoit une croissance de 7,5%, une inflation contenue à 2% et un déficit budgétaire ramené à 2,7% du PIB, conformément aux normes de l’UEMOA. Près de 42% des dépenses sont orientées vers des secteurs à forte portée sociale comme l’éducation, la santé et la protection sociale. Le gouvernement béninois entend ainsi consolider les acquis de sa transformation économique tout en renforçant le capital humain et la cohésion sociale.

Au Burkina Faso, le projet de budget 2026 prévoit 3.431,5 milliards de francs Cfa de recettes et 3.918,3 milliards de francs Cfa de dépenses, soit un déficit de 486,8 milliards de francs Cfa, correspondant à environ 2,6% du PIB. Malgré un contexte sécuritaire difficile, le pays s’efforce de maintenir un niveau de déficit conforme aux critères de convergence de l’UEMOA. Le DPBEP 2026-2028 affiche une trajectoire de hausse progressive des recettes et des dépenses, avec un accent mis sur la mobilisation fiscale, la modernisation des infrastructures et le développement du capital humain.

Au Mali, le projet de loi de finances 2026 prévoit 3.057,79 milliards de francs Cfa de recettes et 3.578,22 milliards de francs Cfa de dépenses, soit un déficit estimé à 520,43 milliards de francs Cfa, représentant 3,66% du PIB. Cette légère réduction du déficit traduit une volonté de rétablir les équilibres budgétaires. La hausse des recettes (+11,6%) et des dépenses (+9,1%) reflète une politique de relance ciblée sur la résilience économique et la sécurité intérieure, dans un contexte de fortes contraintes.

Le Sénégal affiche pour sa part, un budget 2026 d’environ 7.433,9 milliards de francs Cfa, en hausse de 12,4% par rapport à 2025. Les recettes sont attendues à 6.188 milliards de francs Cfa, pour un déficit de l’ordre de 5,37% du PIB, avec un objectif de convergence à 3% en 2027. Cette trajectoire expansionniste traduit la volonté de soutenir la croissance à travers l’éducation, la santé et les infrastructures. Toutefois, le service de la dette, qui absorbe une part importante des recettes, constitue un risque majeur pour la soutenabilité budgétaire du pays.

En Côte d’Ivoire, le gouvernement annonce un budget 2026 compris entre 17.321 et 17.350 milliards de francs Cfa, en hausse de 13% par rapport à l’exercice précédent. Cette croissance budgétaire illustre le dynamisme de la première économie de l’UEMOA et son ambition de poursuivre les investissements dans les infrastructures, la transformation industrielle et les services publics. La vigilance reste néanmoins de mise face à l’endettement croissant et aux besoins de financement externes.

Dans les autres pays de l’Union, les préparatifs se poursuivent. Au Togo, la session budgétaire 2026 est ouverte au Parlement et le projet de loi de finances est en cours d’examen. Le Niger finalise ses conférences budgétaires et la rédaction de son projet de loi de finances tandis qu’en Guinée-Bissau, les documents d’ordonnancement budgétaire sont publiés, mais les chiffres consolidés de 2026 restent partiels.

À l’échelle régionale, les tendances communes mettent en évidence plusieurs enjeux majeurs dont la maîtrise du déficit public, la soutenabilité de la dette, la mobilisation accrue des ressources intérieures et la priorisation des dépenses sociales et d’investissement. Si certains pays comme le Bénin et le Burkina Faso se rapprochent des normes de convergence de l’UEMOA, d’autres, à l’instar du Sénégal, affichent encore des déséquilibres notables liés à des politiques expansionnistes.

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