Par Janvier Gbedo
L’ARMP a clôturé un séminaire technique de deux jours portant sur le renforcement du dispositif de contrôle de la commande publique. Cette session de formation a réuni les représentants des cabinets d’audit spécialisés autour d’un outil central : le Référentiel d’audit de la passation et de l’exécution des marchés publics.
L’objectif de cette rencontre était de transformer ce référentiel en un socle normatif pour l’évaluation du système national. En définissant des méthodes d’évaluation, des outils d’analyse et des grilles de vérification précises, l’institution régulatrice souhaite uniformiser les pratiques de contrôle.
Le docteur Derrick Bodjrènou, représentant l’ARMP, a souligné que cette mobilisation témoigne d'un engagement constant dans la quête de l’efficacité et de l’excellence. Pour lui, l'enjeu dépasse la technique. « Les audits que nous réalisons ne sont pas de simples exercices de contrôle. Ils sont le miroir de notre intégrité institutionnelle », a-t-il indiqué.
Le nouveau document de référence sert désormais de boussole méthodologique. Il impose aux cabinets mandatés des canevas de rapportage stricts afin de garantir la cohérence des évaluations. Cette standardisation vise à élever le niveau technique des investigations. Toujours selon le docteur Derrick Bodjrènou, le système de régulation s’inscrit comme un pilier essentiel de la confiance entre l’État et les citoyens, faisant de l'audit un instrument essentiel d’évaluation de la performance du système des marchés publics au Bénin.
Le programme de formation s’est articulé autour de modules couvrant l’ensemble du processus, de la distinction entre l’audit de conformité et de performance aux techniques d’échantillonnage. Les participants ont examiné le cadrage méthodologique et la complétude documentaire nécessaire à l’audibilité des dossiers.
Du côté des professionnels, l’initiative est perçue comme un progrès structurel. Gabin Gbèmènou, auditeur en marchés publics, a rappelé les lacunes passées. « Dans le passé, il n’y avait pas une harmonisation en matière de normes et de standards. Aujourd’hui, nous sommes heureux de constater que le Bénin dispose d’un référentiel en matière d’audit », révèle-t-il.
Toutefois, les bénéficiaires de la formation plaident pour une approche plus inclusive de la chaîne de contrôle. « Il est essentiel d’impliquer les personnes responsables des marchés publics (PRMP), les services de contrôle, les juristes et les spécialistes du contentieux », a prévenu Gabin Gbèmènou, estimant que sans cette extension, l’objectif global ne sera pas pleinement atteint.
Avec cette session, l’ARMP confirme sa volonté de professionnaliser durablement la régulation de la commande publique au Bénin.









