Par Boris Mawuena
Réunis à Accra dans le cadre de leur 24ᵉ assemblée générale annuelle, les membres du Conseil des gouverneurs ont affiché leur volonté d’accroître significativement les investissements et d’amplifier l’impact de l’institution à l’échelle ouest-africaine au cours des cinq prochaines années.
Dans un environnement régional marqué par des défis économiques, climatiques et sécuritaires persistants, cette rencontre stratégique a permis de réaffirmer le rôle central de la BIDC en tant que moteur de transformation et d’intégration économique. Le Conseil, composé principalement des ministres des Finances et parfois de la Planification et du Développement des États membres de la CEDEAO, a également enregistré la participation de représentants du Burkina Faso et du Niger, illustrant une dynamique de coopération élargie.
La cérémonie d’ouverture a été marquée par l’intervention de Seth Terkper, représentant le président John Dramani Mahama. Celui-ci a renouvelé le soutien du Ghana à la banque, saluant son rôle déterminant dans la promotion d’une croissance durable et résiliente dans la sous-région.
Une nouvelle orientation stratégique
Moment clé de cette assemblée, l’adoption du plan stratégique quinquennal baptisé « Stratégie Croissance-Résilience-Optimisation (GRO) 2026-2030 ». Cette feuille de route ambitionne de hisser la BIDC au rang d’acteur financier incontournable en Afrique de l’Ouest, en mesure de répondre efficacement aux enjeux socio-économiques actuels.
Ce plan met l’accent sur des secteurs prioritaires tels que les infrastructures, l’agriculture, l’énergie et le numérique. Il intègre également des dimensions essentielles comme la résilience face aux changements climatiques et le renforcement du rôle du secteur privé dans le financement du développement.
Le président de l’institution, George Agyekum Donkor, a mis en avant les résultats solides enregistrés en 2025, soulignant la capacité de la banque à honorer ses engagements tout en maintenant une trajectoire de croissance soutenue. Il a, par ailleurs, rendu hommage à son prédécesseur à la tête du Conseil des gouverneurs, Cassiel Ato Baah Forson, pour son leadership.
Ismaël Nabé prend les rênes du Conseil
L’un des temps forts de cette rencontre a été l’élection, à l’unanimité, d’Ismaël Nabé, ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement de la Guinée, à la présidence du Conseil des gouverneurs.
Ingénieur en télécommunications et spécialiste reconnu en gouvernance économique, il s’est imposé ces dernières années comme un acteur majeur des réformes économiques en Guinée. Il a notamment piloté le programme structurant « Simandou 2040 », une initiative ambitieuse axée sur des projets structurants et des réformes de fond. Sous sa conduite, le pays a également obtenu sa première notation souveraine internationale.
Dans sa première déclaration, le nouveau président a exprimé sa reconnaissance pour la confiance placée en lui et a exposé ses priorités : intensifier la mobilisation des ressources, ouvrir davantage l’institution à des partenaires non régionaux et positionner la BIDC comme une référence en matière de financement du développement en Afrique de l’Ouest.
Il a également salué l’action de son prédécesseur ainsi que le leadership du président Donkor, dont les efforts ont contribué à renforcer la crédibilité et l’efficacité de la banque dans un contexte international exigeant.
Basée à Lomé, la BIDC s’affirme aujourd’hui comme un pilier du financement du développement dans l’espace CEDEAO. À travers divers instruments : prêts, prises de participation, lignes de crédit et ingénierie financière, elle accompagne des projets structurants dans les domaines des infrastructures, du développement rural, de l’industrie et des services sociaux.











