Par Brunelle TCHOBO
Près de dix ans après le discours d’Emmanuel Macron à Ouagadougou sur le renouvellement des relations entre la France et l’Afrique, le Kenya et la France organisent à Nairobi le sommet « Africa Forward : des partenariats entre l’Afrique et la France pour l’innovation et la croissance ». Cet événement veut incarner une nouvelle approche des relations franco-africaines, fondée sur des partenariats « d’égal à égal », des intérêts partagés et des résultats concrets.
Les contours du sommet ont été présentés le mercredi 6 mai 2026 lors d’une conférence de presse organisée à la Résidence de France au Bénin. Deux journées structurent la rencontre. La première, placée sous le thème « Inspire Connect », sera largement ouverte aux acteurs non étatiques, notamment le secteur privé, les milieux culturels et sportifs. La seconde réunira les chefs d’État autour des grands enjeux économiques, sécuritaires et financiers du continent.
Le Bénin veut valoriser son modèle économique
Le Bénin entend profiter de cette plateforme internationale pour mettre en avant son modèle de transformation économique et attirer davantage d’investissements privés. Plusieurs personnalités béninoises issues des secteurs de l’économie, de l’innovation, des industries culturelles et du sport feront le déplacement à Nairobi.
Parmi elles figure Maryse Lokossou, directrice générale de la Caisse des dépôts et consignations du Bénin. Lors de la conférence de presse du 6 mai, elle a souligné les enjeux de cette participation béninoise. « La participation de la Caisse des dépôts et des consignations du Bénin constitue à la fois un honneur et une responsabilité », a-t-elle déclaré.
La directrice générale de la Caisse des dépôts et consignations du Bénin interviendra notamment le 11 mai pour présenter le modèle d’industrialisation du Bénin, avec un accent particulier sur le rôle de la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) dans la transformation locale des matières premières. Elle prendra également part à plusieurs panels consacrés à la mobilisation des ressources domestiques et au financement du développement.
Elle entend aussi mettre en avant les dispositifs d’appui aux petites et moyennes entreprises béninoises, notamment le Projet d’appui à l’entrepreneuriat du Bénin et le programme Choose Africa 2, soutenus par l’Agence française de développement (AFD). « Les financements existent, mais il faut des projets bien structurés pour y accéder », a-t-elle insisté.
Maryse Lokossou animera par ailleurs une rencontre réunissant chefs d’État et dirigeants d’institutions autour des défis liés à l’architecture financière africaine. Une occasion que le Bénin espère transformer en opportunités d’affaires et en nouveaux partenariats.
Culture, innovation et jeunesse au cœur du sommet
Au-delà des enjeux économiques, Africa Forward accordera une place importante à la jeunesse, à la culture et à l’innovation. Un événement intitulé « Future Makers » donnera notamment la parole à de jeunes entrepreneurs et innovateurs africains et français, y compris ceux issus de la diaspora africaine.
Le sommet accueillera également « Creation in Motion », dans la continuité du Forum Creation Africa organisé à Lagos en octobre dernier. L’objectif est de démontrer que les industries culturelles et créatives constituent un véritable levier de croissance, d’emplois et de rayonnement international.
Le Bénin sera représenté dans ce domaine par plusieurs figures reconnues, dont Marie-Cécile Zinsou, membre du Comité scientifique national de restitution des biens culturels, et l’artiste Mahoutondji Kinmagbo, auteur du projet Hon Me de visite virtuelle 3D du palais royal de Béhanzin.
Des entrepreneurs du numérique et de l’intelligence artificielle figurent également dans la délégation béninoise. Il s’agit notamment de Johanne Bruffaerts, directrice générale d’Epitech Afrique, Harold Zimé, fondateur de la startup de financement par l’intelligence artificielle Ayomi et Pierrick Chabi, fondateur de Wakatoon.
Le secteur des médias et de l’audiovisuel sera représenté par Fif Tobossi, cofondateur du média Booska-P et producteur audiovisuel. L’ancien basketteur professionnel Ahmed Taofik, président de l’association « Enfants du Bénin debout », ainsi que Godline Agbidinoukoun, présidente du Réseau des Étoiles Africaines, participeront également aux échanges.
Des discussions sur l’IA, la sécurité et l’économie bleue
Le sommet des chefs d’État du 12 mai sera marqué par plusieurs plénières et tables rondes. Les discussions porteront notamment sur la réforme de l’architecture financière internationale, la paix et la sécurité, mais aussi sur des thématiques comme la santé, l’intelligence artificielle, l’économie bleue et l’agriculture.
Un grand concert retransmis sur Trace TV viendra clôturer l’événement avec la participation d’artistes africains et français.
À travers cette présence diversifiée, le Bénin veut apparaître comme un pays stable, innovant et ouvert aux partenariats internationaux. Nairobi pourrait alors offrir au pays une nouvelle vitrine pour consolider son positionnement économique et culturel sur la scène africaine et internationale.









