Par Brunelle TCHOBO
Après une première cohorte ayant permis de soutenir 86 PME avec plus de 1,5 milliard de francs Cfa de subventions et plus de 900 heures de coaching, un nouvel appel à candidatures a été lancé pour la période du 7 mai au 7 juin 2026. L’initiative vise à renforcer la compétitivité, la structuration et la résilience du tissu entrepreneurial béninois.
Le gouvernement béninois relance le programme RISE pour accompagner une nouvelle vague de petites et moyennes entreprises à fort potentiel. La deuxième cohorte du programme RISE entend accélérer la croissance des PME et startups béninoises à travers un accompagnement technique et financier renforcé.
Porté par le gouvernement, via le ministère de l’Économie et des Finances, et mis en œuvre par Sèmè City et l’Agence de développement des petites et moyennes entreprises (ADPME), le programme bénéficie de l’appui de la Banque mondiale, de l’Union européenne et de l’Agence française de développement (AFD).
Lors de la cérémonie de lancement de la deuxième cohorte, plusieurs bénéficiaires de la première cohorte ont partagé leurs expériences. « Avant RISE, tout était en chantier », a confié un entrepreneur accompagné lors de la première édition. Une autre bénéficiaire a témoigné : « Grâce à RISE, nous avons pu mieux structurer nos services ».
Deux guichets pour soutenir les entreprises
Pour cette deuxième phase, le programme s’articule autour de deux guichets distincts. Le premier, dénommé PAEB, cible les très petites entreprises et PME en croissance. Il prévoit des subventions pouvant atteindre 7,5 millions de francs Cfa pour environ 40 entreprises. Le second guichet, FP2E, s’adresse aux startups innovantes à fort potentiel avec des subventions pouvant aller jusqu’à 28 millions de francs Cfa pour près de 25 structures sélectionnées.
Les entreprises candidates devront être formalisées, inscrites au Registre du commerce et du crédit mobilier (RCCM) et capables de mobiliser une contrepartie financière comprise entre 5% et 20% selon le guichet choisi. Les secteurs ciblés couvrent notamment l’artisanat, la transformation agroalimentaire, le numérique, la restauration, les industries culturelles et créatives ainsi que l’économie verte et le climat.
Au-delà de l’appui financier, RISE prévoit un accompagnement structuré autour de diagnostics personnalisés, de formations collectives, de coaching individuel et de mises en relation avec des experts sectoriels. « Avec RISE, notre ambition est claire : accompagner les PME béninoises pour franchir un cap et devenir des acteurs économiques solides et créateurs d’emplois », a déclaré Bernard Wannou, chef de mission FP2E.
Une première cohorte aux résultats encourageants
La première édition a enregistré plus de 500 candidatures pour 86 PME finalement retenues. « Ces entreprises ont bénéficié d’un accompagnement beaucoup plus structuré pour améliorer leur gouvernance, renforcer leur résilience et accélérer leur croissance », a indiqué Edouard Sehlin, représentant du comité de pilotage du programme.
Présentant le bilan de cette phase pilote, Toïbath Anjorin, représentante du Projet de formation professionnelle et d’entrepreneuriat pour l’emploi au Bénin (FP2E), a évoqué « des transformations structurantes » observées au sein des entreprises accompagnées. D’après les données communiquées, 67% des entreprises interrogées déclarent une hausse de leur chiffre d’affaires, 92% affirment avoir renforcé les compétences de leurs équipes et 44% estiment avoir gagné en crédibilité auprès des institutions financières.
La coordonnatrice du projet PAEB, Marlène Houssou, a également souligné l’impact du programme sur les entreprises bénéficiaires. « Les PME qui ont bénéficié de l’accompagnement RISE ont pu lever plusieurs blocages qui les empêchaient d’atteindre leur potentiel de croissance », a-t-elle affirmé.
Un accent annoncé sur les régions et les femmes entrepreneures
Le gouvernement entend désormais élargir davantage l’accès au programme sur l’ensemble du territoire national. Lors du lancement officiel, le ministre des Petites et moyennes entreprises et de la Promotion de l’Emploi, Modeste Tihounté Kérékou, a insisté sur la nécessité d’éviter une concentration des bénéficiaires dans les grandes villes.
« Il ne faut pas que le programme apparaisse comme un couvent où uniquement quelques initiés sont informés », a-t-il déclaré. Il a invité l'équipe de pilotage à accorder une importance capitale à « l’égalité des chances » entre les entrepreneurs des différentes régions du Bénin. Dans cette dynamique, la deuxième cohorte prévoit un ciblage renforcé dans toutes les régions du pays, ainsi qu’un accent particulier sur l’inclusion économique des femmes entrepreneures.








