Par Assou AFANGLO
Le Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, a présidé lundi la cérémonie de signature d'un nouveau protocole de partenariat pétrolier avec la China Oil and Gas Exploration and Development Corporation. Un accord qualifié d'avancée significative pour le secteur pétrolier du pays. Ces accords interviennent après des mois de tensions entre Niamey et les opérateurs pétroliers chinois concernant des conflits sociaux et le respect des réglementations.
Le Niger cherche à accroître son contrôle sur les ressources pétrolières
En effet, les accords signés comprennent la relance des projets Dinga Deep et Abolo-Yogou. Ils sont évalués à 1 milliard de dollars et visent à renforcer considérablement le secteur pétrolier du Niger.
Le ministre des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangare, a déclaré que ces projets devraient permettre d'augmenter la production de pétrole brut du Niger de 110 000 barils par jour à 145 000 barils par jour d'ici fin 2029.
Il a ajouté que le coût du transport du pétrole brut destiné à l'exportation via l'oléoduc Niger-Bénin a été réduit de 27 à 15 dollars le baril, une modification qui devrait permettre au pays d'économiser plus de 106 millions de dollars par an.
Dans le cadre de ces accords, le Niger a également obtenu une participation de 45% dans la West African Oil Pipeline Company, une filiale de la China National Petroleum Corporation qui exploite l'oléoduc d'exportation reliant le Niger au Bénin.
Par ailleurs, 450 postes devraient être créés d'ici 2030 au profit des Nigériens. La sous-traitance se fera au profit des entreprises nigériennes locales et les salaires entre personnel expatrié et local seront harmonisés.
Un différend enfin résolu
En mars 2025, Niamey a expulsé trois dirigeants chinois de sociétés pétrolières, filiales de la China National Petroleum Corporation (CNPC) accusés de ne pas se plier aux demandes des autorités nigériennes.
En mai 2025, le ministre du Pétrole, Sahabi Oumarou, a demandé à la China National Petroleum Corporation «de résilier les contrats de travail de tous les expatriés totalisant une durée de plus de quatre ans dans le secteur pétrolier ». En outre, les agents de la CNPC, ses sous-traitants et leurs prestataires de cette catégorie ont été sommés de quitter le territoire nigérien.
Suite à ces tensions, des discussions ont été entamées en juin 2025 en Chine. En tournant la page des conflits, la Chine peut donc continuer d’exploiter l’or noir sous le regard attentif des autorités nigériennes.












