Par Janvier Gbedo
Les dernières statistiques publiées par l'Institut national de la statistique et de la démographie (Instad) indiquent un changement de trajectoire de l'indice des prix en mars 2026. Après un niveau de 101,6 en février, l'Ihpc s'est fixé à 102,3. Cette variation mensuelle de 0,7% repose principalement sur la dynamique du secteur des transports, affecté par le coût de l’essence de contrebande. L’inflation sous-jacente, calculée hors produits énergétiques et saisonniers, suit cette tendance avec une hausse de 0,4%, passant de 100,5 à 100,9 sur un mois.
L’analyse de la provenance des biens montre que les produits importés affichent une hausse de 1,7%, tandis que les produits locaux ne progressent que de 0,3%. Sur le premier trimestre de l'année 2026, l'augmentation cumulée est de 0,5%. Ce mouvement trimestriel est alimenté par les postes « Transport » (+5,6%), « Vêtements et chaussures » (+0,8%) et le segment comprenant le logement, l’eau et l’énergie (+0,5%). À l'inverse, les prix des produits alimentaires et des services de restauration ont reculé respectivement de 0,3% et 0,5% au cours de cette période. Les données sectorielles confirment que l'énergie reste le moteur de cette hausse trimestrielle avec une progression de 4,2%.
En comparaison avec mars 2025, le niveau général des prix présente un recul de 0,4%. Ce glissement annuel s'explique par la déflation observée dans les secteurs primaire (-5,8%) et tertiaire (-1,9%). « Les produits frais marquent une baisse annuelle de 3,2%. Toutefois, le secteur secondaire enregistre une hausse de 2,8% sur un an, et le poste logement progresse de 6,8% », indique le Rapport. Lequel souligne que le niveau général des prix à la consommation a enregistré une progression en mars 2026, confirmant une légère tension inflationniste portée notamment par le secteur des transports.
Concernant les normes régionales, le taux d'inflation en moyenne annuelle s'établit à +1,0% à la fin du mois de mars. Ce résultat maintient le pays dans les limites de convergence fixées par l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). L'Instad relève que si les prix de l'alimentation (-2,5%) et de l'hébergement (-6,0%) ont baissé sur douze mois, d'autres fonctions de consommation comme les loisirs et la culture ont crû de 4,8%. Le rapport de l'institut met en évidence la sensibilité de l'indice global aux fluctuations des marchés internationaux et à la volatilité des tarifs énergétiques. La structure des prix en mars 2026 montre une dualité entre la baisse des produits locaux et la pression exercée par les biens importés, dont la hausse est nettement plus significative. Les autorités de la statistique concluent que l’évolution des mois à venir dépendra des politiques économiques et des variables du marché mondial, dans un contexte où le pouvoir d’achat reste une priorité pour les ménages.








