
Avec la FAO, le Bénin lance un projet de 20,77 millions de dollars pour restaurer ses terres agricoles et renforcer la sécurité alimentaire de 356.000 personnes.
Par Boris Mawuena
Le Bénin renforce son action en faveur d'une agriculture plus productive et durable. Avec le soutien de l'Organisation des Nations unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) et du Fonds pour l'Environnement Mondial (FEM), le gouvernement béninois a lancé, le vendredi 24 juillet 2026 à Cotonou, le projet « Systèmes alimentaires durables pour une plus grande résilience et une sécurité alimentaire et nutritionnelle au Bénin », baptisé Food Systems.
L'initiative a été officiellement lancée par le ministre de l'Agriculture, de l'Élevage et de la Pêche, Adin Yeton Bloukounon Goubalan. Elle vise à lutter contre la dégradation des terres agricoles, un phénomène qui freine la production et menace la sécurité alimentaire du pays.
Près de 40% du territoire national touché par la dégradation des sols
Selon les données présentées par les autorités, une enquête réalisée en 2019 a révélé que plus de cinq millions de personnes, soit près de 40% de la population, étaient exposées à la dégradation des terres. Environ 38% du territoire national est concerné par ce problème, qui entraîne une baisse importante des rendements agricoles, estimée à au moins 50% dans certaines zones. Le projet Food Systems, qui s'étendra jusqu'en 2030, prévoit la restauration de 20.000 hectares de terres dégradées et l'adoption de pratiques agricoles durables sur 114.900 hectares. Il cible directement 36.000 producteurs ainsi que d'autres acteurs du secteur agricole.
Au total, près de 356.000 personnes devraient bénéficier des retombées du projet. Les interventions seront mises en œuvre dans plusieurs communes, notamment Karimama, Malanville, Glazoué, Kétou et Aguégués. Les filières du maïs et du riz, deux cultures essentielles pour l'alimentation des populations et l'économie nationale, seront particulièrement concernées.
Un investissement de 20,77 millions de dollars pour transformer les pratiques agricoles
Le coût global du projet est estimé à 20,77 millions de dollars. Le Fonds pour l'environnement mondial finance 5,97 millions de dollars, tandis que le gouvernement béninois apporte un cofinancement de 14,8 millions de dollars. Au-delà de la restauration des sols, le programme ambitionne de moderniser les systèmes de production, d'améliorer les chaînes de valeur agricoles et de renforcer la résilience des exploitations face aux effets du changement climatique.
Lors de la cérémonie de lancement, le ministre de l'Agriculture a insisté sur la nécessité de privilégier des solutions efficaces et adaptées pour restaurer durablement les terres. De son côté, le représentant résident de la FAO au Bénin, Paul-Henri Zoéwindé Bouda, a souligné que le succès du projet dépendra de la mobilisation de tous les acteurs impliqués, des institutions publiques aux producteurs. L'objectif est de bâtir des systèmes alimentaires plus performants, durables et capables de garantir la sécurité alimentaire des populations béninoises.










