
Les pays de la CEDEAO adhèrent à l'initiative Gazoduc Africain Atlantique du Roi Mohamed VI
Par Assou AFANGLO
Le Maroc peut désormais compter sur le soutien officiel des pays de la CEDEAO pour le projet de Gazoduc Africain Atlantique (AAGP). Porté initialement par le Maroc et le Nigeria, le projet franchit une nouvelle étape avec la signature de l’Accord intergouvernemental (IGA), renforçant ainsi sa dimension régionale. Au-delà de l’infrastructure énergétique, l’enjeu est désormais de faire de ce corridor gazier un levier d’intégration économique, d’industrialisation et de compétitivité pour l’Afrique de l’Ouest.
Les chefs d’État de la CEDEAO ont signé, le 19 juillet 2026 à Freetown (Sierra Leone), l’Accord intergouvernemental (IGA) qui encadre le développement du projet. Cette signature constitue une étape majeure avant la mise en œuvre opérationnelle du gazoduc et ouvre la voie à la structuration financière du projet ainsi qu’à la mobilisation des futurs investissements.
Un soutien politique désormais régional
Le projet bénéficie désormais d’un appui élargi au sein de l’espace communautaire. Le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a salué la vision du Roi Mohammed VI à l’origine du Gazoduc Africain Atlantique Nigeria-Maroc, qu’il considère comme un levier majeur pour renforcer l’intégration régionale et favoriser le désenclavement des pays du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest. S’exprimant en marge du sommet de la CEDEAO, le chef de la diplomatie togolaise a indiqué que les chefs d’État et de gouvernement ont exprimé leur soutien à cette vision ainsi qu’à l’action menée par le Maroc en faveur des pays de la région.
Pour sa part, la République du Ghana, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Samuel Okudzeto Ablakwa, s’est réjouie de cette initiative portée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI. « Nous félicitons Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour cette initiative historique. Le Ghana est vraiment fier d’être un membre actif de cette initiative au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) », a déclaré le ministre ghanéen à la presse en marge de la 69e session de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO.
Timothy Kabba, ministre des Affaires étrangères de Sierra Leone, s’est également félicité de la signature de cet « excellent projet initié par Sa Majesté le Roi Mohammed VI », estimant qu’il pourrait contribuer à enclencher une dynamique économique favorable au développement des populations ouest-africaines.
Un corridor gazier aux ambitions économiques majeures
L’AAGP reliera le Nigeria au Maroc en traversant treize pays côtiers de l’Atlantique, avec des interconnexions destinées à desservir les pays enclavés du Sahel.
Le projet a été initié par le Roi Mohammed VI et l’ancien président nigérian Muhammadu Buhari, avec le soutien réitéré de l’actuel président Bola Ahmed Tinubu. Il disposera d’une capacité de transport de 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an, dont jusqu’à 15 milliards de mètres cubes pourraient être exportés vers le Maroc et l’Europe, tandis que le reste serait destiné aux marchés régionaux.
Estimé à environ 25 milliards de dollars, le Gazoduc Africain Atlantique ambitionne de créer un marché régional intégré du gaz naturel en Afrique de l’Ouest. Au-delà de l’approvisionnement énergétique, il pourrait soutenir la production d’électricité, renforcer la compétitivité des industries et favoriser le développement de nouvelles chaînes de valeur dans les pays traversés.
Pour les économies ouest-africaines, l’accès à une énergie plus disponible et plus compétitive constitue un enjeu majeur. La fiabilité de l’approvisionnement énergétique représente en effet un facteur déterminant pour attirer les investissements industriels et accompagner les ambitions de transformation économique.
Les prochaines étapes vers la concrétisation du projet
Les prochaines étapes annoncées comprennent la création de la société de projet, dont le siège sera établi à Casablanca, ainsi que d’une autorité de gouvernance du gazoduc basée à Abuja. Elles seront suivies par la mobilisation des financements et la décision finale d’investissement.
D’autres progrès significatifs ont déjà été réalisés, notamment l’achèvement des études d’ingénierie préliminaires (FEED), la finalisation des levés topographiques de reconnaissance du tracé, l’avancement des études environnementales et sociales, ainsi que la mise en place des principaux cadres juridiques, réglementaires et commerciaux. Des avancées qui permettent désormais d’envisager une entrée progressive du projet dans sa phase de réalisation.
À noter que la conclusion d’un accord est également attendue prochainement entre la Mauritanie et le Maroc, deux pays non membres de la CEDEAO.
Développé par l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) du Maroc et la Nigerian National Petroleum Company Limited (NNPC Ltd.), l’infrastructure énergétique de près de 6.800 kilomètres est destinée à assurer un approvisionnement stable et durable en gaz naturel pour l’Afrique atlantique et, à terme, pour l’Europe.






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