
Une plateforme pétrolière d’exploration offshore
Par Sarata Soumahoro
En signant huit contrats de partage de production avec la Côte d’Ivoire, PETROBRAS porte à 75 % le taux d’occupation du bassin sédimentaire ivoirien et ouvre une nouvelle phase d’exploration pétrolière et gazière dans le pays. L’arrivée du groupe brésilien dans l’offshore ivoirien marque une nouvelle étape dans le développement du secteur énergétique national. Au-delà des blocs attribués, l’opération témoigne de l’intérêt croissant des compagnies internationales pour le potentiel pétrolier et gazier de la Côte d’Ivoire.
Un offshore de plus en plus attractif
Sans figurer parmi les principaux producteurs africains d’hydrocarbures, la Côte d’Ivoire bénéficie d’un regain d’intérêt porté par les découvertes récentes de Baleine, Calao et Calao South. Ces avancées ont contribué à renforcer l’attractivité du bassin sédimentaire national auprès des investisseurs internationaux. Dans ce contexte, l’arrivée de PETROBRAS confirme une dynamique engagée depuis plusieurs années. Pour les autorités ivoiriennes, l’enjeu consiste à transformer ce potentiel géologique en opportunités économiques à travers le développement de la production énergétique, le renforcement des recettes publiques et la création d’activités industrielles connexes.
Huit blocs attribués à PETROBRAS
Le gouvernement ivoirien a annoncé, le 3 juin 2026, la signature prochaine de huit contrats de partage de production avec PETROBRAS. Les blocs concernés sont CI-513, CI-600, CI-601, CI-602, CI-603, CI-605, CI-701 et CI-702. Avec cette opération, le taux d’occupation du bassin sédimentaire national atteint désormais 75 %, soit près de 63.000 km² couverts par des activités de production, d’évaluation et d’exploration. Cette signature prolonge un processus amorcé en 2025, lorsque le groupe brésilien avait manifesté son intérêt pour plusieurs permis exploratoires offshore en Côte d’Ivoire. L’attribution des blocs constitue une nouvelle étape avant la réalisation d’études techniques, de campagnes sismiques et, éventuellement, de forages exploratoires.
Des retombées attendues pour le secteur énergétique
Les premières retombées économiques devraient concerner les activités liées à l’exploration. Les opérations pétrolières mobilisent généralement d’importants investissements dans les études géologiques, l’ingénierie, les services maritimes, la logistique, les assurances et la sous-traitance spécialisée. L’arrivée de PETROBRAS pourrait ainsi stimuler l’activité des prestataires opérant dans l’écosystème offshore et renforcer le rôle de PETROCI dans le développement de nouveaux partenariats. La présence du groupe brésilien apporte également une expertise reconnue dans l’offshore profond. Cette expérience est particulièrement recherchée dans des environnements techniques complexes où la maîtrise des risques et des coûts d’exploitation constitue un facteur déterminant.
Une phase d’exploration avant d’éventuels revenus
L’attribution des blocs ne signifie toutefois pas l’arrivée immédiate de recettes pétrolières supplémentaires pour l’État ivoirien. Les activités d’exploration précèdent généralement de plusieurs années une éventuelle mise en production commerciale. Même en cas de découvertes significatives, plusieurs étapes restent nécessaires, notamment l’évaluation des ressources, la prise de décision d’investissement, le développement des infrastructures et la mise en exploitation des gisements. Les autorités devront également veiller à maximiser les retombées économiques locales à travers le contenu local, la formation des compétences nationales et l’intégration des entreprises ivoiriennes dans la chaîne de valeur du secteur.
L’arrivée de PETROBRAS renforce néanmoins la position de la Côte d’Ivoire sur la carte énergétique régionale et confirme l’intérêt croissant des investisseurs internationaux pour le potentiel offshore du pays.











