Par Claudia Kenou
La sixième mission économique de la Francophonie, ouverte à Cotonou depuis mardi 17 juin et qui se referme aujourd’hui, consacre la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) comme un des atouts majeurs de la nouvelle politique industrielle du Bénin. Ce mercredi 18 juin, lors de la session «Faire des affaires au Bénin», Létondji Beheton, directeur général de la Société d’Investissement et de Promotion de l’Industrie (SIPI-Bénin SA), a présenté aux investisseurs et décideurs francophones la dynamique concrète impulsée par la GDIZ, aujourd’hui au cœur de la transformation de l’économie nationale.
À travers la GDIZ, le Bénin matérialise sa volonté de capter davantage de valeur ajoutée sur ses matières premières, notamment agricoles et de réduire sa dépendance aux importations. «La République du Bénin a fait le choix de transformer localement ses ressources et de produire ce qu’elle importait jusque-là. La zone de Glo-Djigbé concrétise cette vision», a expliqué Létondji Beheton devant un auditoire de chefs d’entreprise et de représentants institutionnels venus de plusieurs pays francophones. Sur 1.640 hectares planifiés, 400 hectares sont déjà aménagés et accueillent une trentaine d’investisseurs dont plus d’une quinzaine d’unités industrielles sont opérationnelles. L’industrie textile reste la vitrine de ce hub: «Aujourd’hui, nous transformons environ 40.000 tonnes de coton par an, du fil jusqu’aux vêtements et ces produits sont exportés vers l’Europe, l’Amérique et l’Afrique», a détaillé Létondji Beheton. Des marques internationales comme US Polo Association, Kiabi ou Tissippi figurent parmi les clients de référence.
Au-delà du textile, la GDIZ héberge des industries de transformation de noix de cajou, de soja, de karité ainsi que des unités pharmaceutiques, de fabrication de meubles, de bois et d’emballages. «C’est tout un écosystème industriel que nous avons structuré pour créer de l’emploi local, diversifier notre économie et renforcer notre compétitivité régionale», souligne Létondji Beheton. Pour sécuriser ces investissements et en attirer de nouveaux, le gouvernement a mis en place des régimes fiscaux et douaniers incitatifs, des procédures administratives simplifiées et un accompagnement personnalisé des porteurs de projets. «Notre rôle est de réduire les délais et les coûts pour chaque investisseur afin qu’il puisse se concentrer sur son activité principale», précise le directeur général.
Durant cette mission, des visites de terrain sont organisées pour permettre aux délégations d’observer le fonctionnement des lignes de production, d’échanger avec les industriels installés et d’évaluer les perspectives concrètes d’implantation. Pour Létondji Beheton, le message à retenir est en effet clair. «Le Bénin est aujourd’hui un pays pro-business, avec une vision claire et une chaîne d’acteurs mobilisés. C’est le moment de venir saisir les opportunités que nous offrons», a-t-il laissé entendre.
Alors que la mission économique de la Francophonie se referme aujourd'hui à Cotonou, la GDIZ entend profiter de cette vitrine pour renforcer ses partenariats et séduire de nouvelles entreprises, consolidant ainsi son rôle de locomotive pour l’industrialisation du Bénin et de la sous-région.
Fortuné Dotin