Par Janvier Gbedo
Le rapport 2025 du Basel Institute on Governance établit une hiérarchie des pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) en fonction de leur vulnérabilité au blanchiment d’argent.
C’est un classement qui répartit les États membres selon trois niveaux d’exposition, allant du risque faible au risque élevé sur une échelle de dix. Ainsi, son évaluation repose sur un indice numérique où le score de 10 représente le niveau d’exposition le plus critique. Les données sont compilées à partir des travaux d’organisations internationales de référence telles que le Groupe d’action financière (GAFI) et la Banque mondiale.
Au sein de la zone UEMOA, la Guinée-Bissau affiche l’indice le plus élevé avec un score de 7,30, plaçant le pays dans la catégorie « risque élevé ». Elle est suivie par le Niger, qui enregistre un score de 6,84, et par le Togo, crédité d’un indice de 6,44. Ces trois nations constituent le groupe de tête des pays les plus exposés aux flux financiers illicites dans la région.
Le Bénin se positionne au quatrième rang régional avec un score de 6,33, devançant le Mali, dont l’indice s’établit à 6,22. La Côte d’Ivoire occupe une position pivot avec un score de 6,05, ce qui lui permet d’intégrer la catégorie « risque moyen ». « Ce résultat est attribué à la mise en œuvre de réformes structurelles et au renforcement des mécanismes de surveillance financière sous la supervision des instances de régulation », indique le rapport. Le Burkina Faso et le Sénégal ferment le classement de l’UEMOA avec des scores respectifs de 5,75 et 5,35.
À l’échelle du continent africain, l’étude souligne des disparités significatives. La République démocratique du Congo présente le risque le plus sévère avec un score de 7,63. À l’opposé, le Botswana se distingue par une performance notable en matière de gouvernance financière, affichant un score de 4,12, soit l’un des niveaux de risque les plus bas du continent.
Ce rapport intervient dans un contexte de vigilance accrue des institutions multilatérales sur la transparence des circuits financiers. Les indicateurs utilisés prennent en compte les cadres juridiques nationaux, les capacités de contrôle bancaire et la lutte contre la corruption. Il est à noter que ces données servent de base aux investisseurs et aux institutions de développement pour évaluer la stabilité des environnements financiers nationaux.