Par Brunelle TCHOBO
S&P anticipe une croissance moyenne du PIB réel béninois de 6,1% entre 2025 et 2028, portée par le développement de la Zone Industrielle de Glo‑Djigbé, la montée en puissance du Port de Cotonou, le lancement fin 2025 des projets pétrolier et aurifère à Sèmè et Perma, d’après les informations rapportées par Financial Afrik.
Sur le front budgétaire et de la dette, le Bénin affiche une trajectoire appréciée. Le déficit est attendu à 2,9% du PIB en 2025 (contre 3% en 2024), en ligne avec les critères de convergence de l'UEMOA. La dette publique est prévue pour redescendre sous 40% du PIB d’ici à 2028, avec un profil de maturité favorisé (84% des échéances au-delà de cinq ans) et un coût moyen de financement avantageux à 3,4%, inférieur à celui de nombreux pairs africains notés dans la même catégorie.
Par ailleurs, l’agence met en avant la stratégie de gestion active de la dette, des réserves de trésorerie de l’État proches de 10% du PIB et une politique fiscale jugée crédible, portée par une digitalisation des services publics et une mobilisation budgétaire renforcée. Hormis ces points positifs, des fragilités structurelles restent à l’ordre du jour: l’économie béninoise demeure «étriquée», avec une forte dépendance vis-à-vis du commerce avec le Nigéria (72% des exportations) et des tensions sécuritaires au nord du pays. Toutefois, S&P juge que ces risques sont compensés par une gouvernance économique qualifiée de «prévisible, prudente et techniquement compétente».
Sur le plan politique, la transition annoncée après le retrait du président Patrice Talon (respectant la limite de deux mandats) et la mise en avant de son ministre des Finances, Romuald Wadagni, comme figure de la continuité, sont vues comme un atout par l’agence. S&P souligne que la stabilisation de la trajectoire économique ne repose plus sur une personne mais sur un modèle institutionnel structuré. L'adoption en juillet 2025 de la «Vision 2060», un plan stratégique à long terme voté à l’unanimité par le Parlement béninois, est citée comme preuve de cette volonté d’inscrire l’économie dans une logique de planification durable et de dépasser les cycles politiques.
Le Bénin se positionne désormais comme le deuxième souverain le mieux noté de l’Union Monétaire Ouest-Africaine (UMOA) derrière la Côte d’Ivoire («BB» stable), un facteur important de crédibilité et d’attractivité pour les investisseurs.