Par Délé Oliyidé
Malgré les chiffres de la Banque mondiale, qui indiquent que la croissance économique du Bénin a atteint depuis 2024 un taux de 7,5%, soit son niveau le plus élevé depuis 1990, portée par les secteurs des services et de l’industrie, le duo candidat du parti de l’opposition FCBE reste critique. Il estime que l’économie béninoise « souffre d’un déséquilibre profond, d’un manque de vision et d’un défaut de souveraineté ».
Pour y remédier, le duo Hounkpè-Hounwanou propose une refondation économique ambitieuse et souveraine.
Dans un premier temps, il envisage de moderniser et sécuriser l’agriculture, d’investir dans la maîtrise de l’eau, de valoriser les bas-fonds, de garantir la sécurité foncière et de rééquilibrer les politiques agricoles en faveur des cultures vivrières.
Ensuite, les deux candidats promettent de renforcer le financement de l’agriculture et de l’élevage à travers la création d’une banque agricole, la mise en place de fonds d’investissement dédiés ainsi que le soutien aux filières halieutiques et pastorales.
Leur programme prévoit également la réhabilitation de la recherche agricole, avec l’ambition de faire de la science un levier de production, de valoriser les chercheurs locaux et d’adapter les semences et les intrants aux réalités locales.
Sur le plan industriel, ils annoncent la mise en place d’une politique cohérente visant à transformer localement les matières premières et à protéger les industries nationales.
L’amélioration de l’environnement des affaires constitue un autre axe majeur, avec la volonté de faciliter l’accès au crédit et de réduire la pression fiscale sur les Petites et moyennes entreprises (PME).
Le duo ambitionne par ailleurs d’investir massivement dans le secteur de l’énergie afin d’augmenter la production à moindre coût et de mieux exploiter les potentialités énergétiques du pays.
La promotion de la consommation locale et la labellisation des produits béninois figurent aussi parmi les priorités, avec l’objectif de renforcer leur compétitivité et leur adoption sur le marché national.
Enfin, le programme inclut la digitalisation de l’économie et l’accélération de la transformation numérique du secteur privé, afin de faire du digital un levier d’inclusion et de croissance.
Les orientations du duo de la mouvance
Le duo candidat Romuald Wadagni et Mariam Talata affiche l’ambition de porter la croissance économique à un niveau encore plus élevé.
Ces dernières années, rappelle-t-il, « notre pays a réussi le pari de lancer son industrialisation par l’installation de nombreuses usines de transformation, notamment dans la zone industrielle de Glo-Djigbé, à Sèmè-Podji, à Djougou, etc ».
Cette politique, souligne le duo, a permis de générer « des emplois et donne plus de valeur à certains de nos produits agricoles comme le coton, le cajou et le soja avant exportation. Ces produits séduisent ici et ailleurs. Nous produisons désormais au Bénin des vêtements de qualité qui sont vendus dans le monde ».
Selon cette approche, la transformation locale des produits agricoles favorise la création d’emplois et le renforcement de l’économie. Le taux de croissance, qui était de 1,8% en 2015, s’établit aujourd’hui à près de 8%, grâce aux réformes engagées.
« Mais, pour réussir une véritable politique d’industrialisation, il faut encore que l’énergie électrique soit disponible en qualité et à un coût compétitif, et que l’environnement des affaires soit incitatif », reconnaît le camp de Romuald Wadagni.
Dans cette perspective, le duo Wadagni-Talata entend « renforcer l’attractivité du marché béninois par davantage de simplification des procédures et de mesures incitatives ».
Pour l’avenir, Romuald Wadagni prévoit la construction de nouvelles centrales électriques afin d’ajouter 100 MW supplémentaires tous les deux ans. Cette stratégie vise à soutenir le développement industriel et à accompagner « une agriculture encore plus robuste, avec des agriculteurs mieux protégés, qui gagnent plus d’argent et vivent mieux », insiste le duo de la mouvance.