Par Fortuné DOTIN
Selon les chiffres communiqués, ADO obtient 89,77% des voix. Ses adversaires restent largement distancés : Jean-Louis Billon (3,09%), Simone Ehivet (2,42%), Ahoua Don Mello (1,97%) et Henriette Lagou (1,15%). Les résultats révèlent de fortes disparités régionales. Dans le Nord, bastion historique du président, les scores atteignent 99,68% à Kani et dépassent 98% dans plusieurs départements, avec des taux de participation très élevés. À l’inverse, dans le Sud et les grandes villes, la participation chute fortement. 19,24% à Cocody et 20,68% à Gagnoa. Comparé aux scrutins précédents, Ouattara fait légèrement moins bien qu’en 2020 (95,31%) mais mieux qu’en 2015 (83,66%).
Le scrutin s’est déroulé globalement dans le calme, avec seulement 2% des bureaux de vote touchés par des incidents. Dix décès ont été enregistrés depuis mi-octobre dont certains avant le vote, notamment à Nahio dans le Haut-Sassandra. Les missions d’observation ont salué la tenue du scrutin. Le Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) a déployé 2.350 observateurs et jugé le climat général «propice au respect des droits civiques». Le Consortium des organisations de la société civile pour les élections en Côte d’Ivoire (Coscel-CI) a relevé que la majorité des problèmes concernaient la désinformation plutôt que des violences généralisées. La CEN-SAD a également félicité les autorités pour l’organisation du scrutin.
Cette élection a été marquée par l’absence des leaders historiques de l’opposition, Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, recalés par le Conseil constitutionnel. Le Front commun, regroupant le PPA-CI et le PDCI-RDA, a dénoncé le processus et demandé l’organisation d’élections transparentes et inclusives.
Le taux de participation global s’établit à 50,1%, en légère baisse par rapport aux scrutins de 2020 (53,9%) et 2015 (52,86%). Les chiffres montrent une forte mobilisation dans les bastions favorables au président et une participation beaucoup plus faible dans d’autres zones, notamment urbaines. Ces résultats provisoires seront désormais examinés par le Conseil constitutionnel, qui prononcera les résultats définitifs après une période de contentieux électoral.