Par Claudia Kenou
À 49 ans, reconnu pour sa compétence sur la scène internationale et sa fidélité, Romuald Wadagni s’est imposé comme le choix stratégique de la mouvance présidentielle pour conduire les deux partis à la course à la Marina en 2026. Loin d’un simple dauphin politique, il est l’un des architectes majeurs du Bénin révélé, garant de la stabilité économique et incarnation d’une continuité où rigueur et transformation fixent le tempo du pouvoir.
L’annonce de sa désignation par la mouvance pour la présidentielle de 2026 n’a surpris que ceux qui lisent la politique en surface. Pour quiconque suit la trajectoire économique et institutionnelle du Bénin depuis 2016, ce choix relevait de l’évidence. Wadagni a été l’un des premiers lieutenants du président Talon et sans doute le plus stratégique. Dès l’aube de la rupture, il hérite du portefeuille le plus sensible; celui des finances publiques. Le Bénin sortait d’années de fragilité budgétaire et de défiance sur les marchés. Il fallait un bâtisseur discret, hors de tout projecteur, capable de transformer les chiffres en crédibilité et en confiance tangible. Sa carrière internationale l’a préparé à ce rôle. Diplômé major de sa promotion à l’École Supérieure des Affaires de Grenoble et spécialisé en capital-investissement et capital-risque à Harvard, il est expert-comptable certifié en France et aux États-Unis. De Deloitte France à Boston et New York, il gravit rapidement les échelons, devient associé puis directeur associé en charge de l’Afrique francophone, supervisant l’expansion du cabinet et gérant des dossiers complexes avec rigueur et vision.
Cette expertise se traduit concrètement dans sa fonction de ministre de l’Économie et des Finances. Sous sa supervision, le Bénin émet son premier Eurobond en 2018, lance deux obligations durables alignées sur les Objectifs de Développement Durable en 2021 et procède au remboursement anticipé de sa dette extérieure. Entre 2018 et 2020, sa présidence du Conseil des ministres de l'UEMOA le place au cœur des discussions sur la réforme du franc Cfa. Le FMI, la Banque mondiale et la Banque Africaine de Développement citent désormais le Bénin comme un modèle de rigueur et de transparence financière. Ces résultats montrent que Wadagni n’est pas seulement un gestionnaire, mais un stratège économique capable de transformer la vision politique en résultats tangibles.
Parler de dauphin serait presque réducteur. Romuald Wadagni ne reçoit pas un héritage, il prolonge un projet qu’il a contribué à bâtir. Il incarne la continuité d’une stratégie où rigueur, prévisibilité et crédibilité sont des instruments de légitimité politique. Les marchés internationaux y voient un signal rassurant tandis que les entrepreneurs locaux peuvent anticiper la stabilité nécessaire au développement des PME et des grands projets d’infrastructure.
La présidentielle de 2026 ne se jouera pas comme un simple affrontement idéologique. Elle se profile comme une épreuve où la compétence économique devient un critère central de légitimité. Les observateurs et acteurs économiques mesureront sa capacité à transformer la rigueur de gestionnaire en vision inclusive. La fiscalité devra être incitative, l’accès au financement facilité et les PME mieux intégrées dans les chaînes de valeur. C’est là que se jouera la transition entre le ministre des finances et le présidentiable.
Le choix de la mouvance présidentielle porté sur Wadagni n’est pas un pari. Il matérialise une trajectoire, une fidélité et une expertise qui offrent au Bénin un horizon stable et signalent clairement aux acteurs économiques que l’économie dictera désormais le tempo du pouvoir. La présidentielle de 2026 apparaît ainsi comme un rendez-vous avec l’économie et Romuald Wadagni en est le candidat naturel.
Fortuné Dotin