Par Assou AFANGLO
Le nouveau régime de redevances sur l'or lie les recettes de l'État à la hausse des prix des lingots. Il remplace le taux fixe de 5% appliqué par le premier producteur d'or d'Afrique. Ce système progressif prévoit que les mineurs d'or paient 12% lorsque le prix de l'or atteint 4.500 dollars l'once. Actuellement, l'or se négocie à plus de 5.000 dollars l'once.
Plusieurs grandes entreprises internationales telles que Newmont, Gold Fields, AngloGold Ashanti, Perseus Mining et des groupes chinois comme Zijin Mining seront directement impactées. Elles y voient une mesure qui pourrait étouffer les investissements futurs.
Une politique régionale au profit des États
Isaac Tandoh, directeur général de la Commission des minéraux, a confirmé que des missions diplomatiques avaient exprimé des inquiétudes quant au plafond de 12%. Elles ont exhorté le Ghana à fixer le prix maximal à 5.000 dollars l’once. Une proposition rejetée par Accra. Globalement, « elles ne s'opposent pas au principe de la révision », a déclaré Tandoh.
Selon plusieurs sources, les États-Unis, la Chine et d’autres gouvernements occidentaux avaient lancé un rare effort conjoint pour persuader le Ghana de mettre fin à cette mesure.
Toutefois, cette politique s'inscrit dans une dynamique plus large observée sur le continent africain, où plusieurs gouvernements cherchent à tirer davantage profit de la flambée des prix des matières premières. Des pays comme le Mali, le Niger, le Burkina Faso, le Sénégal et la Guinée ont ainsi engagé des réformes allant des retraits de permis miniers à l'augmentation de la participation de l’État dans le capital des sociétés exploitantes.
Notons que la production aurifère totale du Ghana a atteint un niveau record de 6 millions d’onces en 2025, enregistrant une hausse de 25% par rapport aux 4,8 millions d’onces produites en 2024. Selon les données officielles publiées par la Banque du Ghana, le pays a clôturé l'année 2025 avec des recettes d'exportation record s'élevant à 31,1 milliards de dollars.