Par Mountaga Diallo
Barrick va relancer progressivement la production et concentrer ses efforts sur la formation obligatoire des employés et des sous-traitants, selon une note envoyée par Sebastiaan Bock, directeur des opérations pour l'Afrique et le Moyen-Orient à Reuters.
La reprise complète des activités d’exploitation aurifère dans le pays concerne le site stratégique de Loulo-Gounkoto. Mais, il a fallu des négociations suite auxquelles Barrick a accepté d’adhérer aux nouvelles dispositions du Code minier.
La multinationale s’est engagée à verser immédiatement 244 milliards de francs Cfa (environ 430 millions de dollars). Une somme qui représente les arriérés fiscaux et douaniers accumulés entre 2018 et 2024. L'accord permet à l'État de récupérer des dividendes annuels estimés à 90 milliards de francs Cfa.
En retour, le Mali a restitué trois tonnes d’or saisies en début d’année, d’une valeur estimée à environ 400 millions de dollars, et levé les restrictions qui pesaient sur la société. Le gouvernement a par ailleurs libéré quatre employés de Barrick détenus dans le cadre du différend.
En adoptant son nouveau code minier, le pays compte renforcer les prérogatives de l’État et sa part dans les revenus des ressources naturelles. Le complexe Loulo-Gounkoto représente l’un des plus grands gisements aurifères du continent. Sa pleine reprise contribuera au dynamisme économique et à la stabilité financière du pays.
Le Mali tient à voir clair dans le secteur minier
Un audit, réalisé en 2022 à la demande des autorités, a révélé que le pays perdait par an entre 500 millions et un milliard de dollars dans cette exploitation minière qui profitait surtout aux compagnies occidentales, d'où l'adoption d’un nouveau code minier.
Celui-ci fixe à 30% la part maximale de l’État dans les mines, introduit une participation de 5% pour les investisseurs locaux et contraint les entreprises minières à verser leurs bénéfices sur des comptes bancaires au Mali.
L’impact financier sur les revenus du Mali est immédiat. D'après les chiffres officiels du ministère des Mines, cette loi a déjà fait bondir les recettes minières de l’État de 52,5% en 2024. Elles sont passées de 547,6 à 835,1 milliards de francs Cfa.