Par Claudia Kenou
Alors que le Fonds Monétaire International (FMI) a revu à la baisse ses projections de croissance mondiale en raison des tensions commerciales internationales, l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) maintient une trajectoire de croissance robuste, portée par une forte demande intérieure et la performance de ses secteurs clés.
Selon le rapport sur la politique monétaire de l’UEMOA publié en juin 2025, l’économie mondiale traverse une période difficile. Le FMI prévoit une croissance mondiale de 2,8% en 2025 et de 3,0% en 2026, en recul par rapport aux prévisions initiales de 3,3%. Cette baisse s’explique par l’aggravation des conflits commerciaux, notamment entre les États-Unis et leurs partenaires, qui pèsent sur le commerce et les marchés financiers. En revanche, l’UEMOA affiche des perspectives favorables, avec une croissance estimée à 6,4% en 2025 et 6,2% en 2026, après 6,3% en 2024. Cette dynamique s’appuie sur une demande intérieure dynamique, une bonne performance des industries extractives et la résilience du secteur agricole.
Une gestion budgétaire prudente
La consolidation budgétaire reste une priorité pour les pays membres. Les déficits publics devraient diminuer, passant de 5,2% du PIB en 2024 à 3,7% en 2025 puis à 3,2% en 2026. La dette publique se maintiendra à un niveau stable, autour de 62% du PIB sur cette période. L’UEMOA devrait aussi enregistrer un excédent de sa balance des paiements, soutenu par l’amélioration des termes de l’échange, la hausse des exportations de pétrole et de gaz ainsi que le recours aux marchés financiers internationaux. Le solde global excédentaire est attendu à 2.623,4 milliards de francs Cfa en 2025 puis 737,2 milliards en 2026, après 3.012,7 milliards en 2024.
Une reprise du financement et une inflation maîtrisée
Après un ralentissement en 2024, le financement du secteur privé repart à la hausse, avec une progression attendue des crédits à l’économie de 8,3% en 2025 et 9,1% en 2026 contre 4,5% en 2024. Par ailleurs, l’inflation devrait rester sous contrôle, passant de 3,5% en 2024 à 2,2% en 2025 puis 2,3% en 2026. Cette stabilité s’explique par la baisse des prix mondiaux des produits alimentaires et pétroliers ainsi que par une offre domestique accrue en produits vivriers.
Un pôle de croissance en Afrique
Malgré un contexte international incertain, l’UEMOA parvient à préserver sa dynamique économique grâce à une discipline budgétaire stricte, une inflation maîtrisée et des secteurs productifs performants. La région se positionne ainsi comme un moteur de croissance en Afrique, contrastant avec le ralentissement observé à l’échelle mondiale.