Par Claudia Kenou
La Banque de développement Shelter Afrique (ShafDB), institution panafricaine dédiée au financement du logement et de l’urbanisme, a vu ses notes de crédit relevées par l’agence Global Credit Ratings (GCR), dans une décision qui vient consacrer les réformes en cours et la montée en puissance d’un acteur financier souvent resté en marge des radars internationaux.
Dans une évaluation publiée le mercredi 9 juillet depuis Johannesburg, la GCR a confirmé les notes d’émetteur à long et court terme de la banque à l’échelle internationale à B/B, tout en améliorant sensiblement ses notations nationales pour le Kenya, le Nigeria et Maurice. Le Nigeria, premier marché d’emprunt de l’institution, voit ainsi la note de ShafDB passer à AAA(NG)/A1+(NG), assortie d’une perspective stable, signe d’un niveau de confiance rarement atteint pour un acteur régional.
Derrière ces chiffres, c’est une trajectoire silencieuse mais déterminée qui se dessine, celle d’une banque qui, depuis Nairobi, rebat les cartes de son rôle sur le continent, en renforçant sa gouvernance, en assainissant ses bilans et en structurant sa mission autour de projets à fort impact social. «Ces relèvements reflètent la confiance de la GCR dans l'amélioration de la gestion des risques de la Banque, le renforcement de sa capitalisation [...] et les progrès accomplis dans la résolution des arriérés de capitaux», note l’agence de notation, qui souligne également un ratio de levier en forte progression, atteignant 82,2 % à la clôture de l’exercice 2024.
Fondée en 1981 et longtemps perçue comme une institution modeste au sein de l’écosystème des banques de développement, Shelter Afrique semble désormais jouer dans une autre catégorie. Avec 46 actionnaires dont 44 États africains, la Banque Africaine de Développement (BAD) et Africa-Re, la ShafDB s’appuie sur une assise continentale solide, qu’elle cherche à consolider par l’élargissement progressif de son actionnariat aux acteurs non-africains (catégorie C), sur fond d’ouverture internationale. L’impact de cette dynamique est d’autant plus tangible qu’elle survient à quelques jours de la 44e assemblée générale annuelle de la Banque, prévue du 15 au 17 juillet à Alger, où les thématiques du financement du logement et des partenariats public-privé seront au cœur des discussions.
Bernard Oketch, directeur des risques de la ShafDB, voit dans ces annonces la validation d’une stratégie orientée vers l’exigence et la crédibilité. «Ces relèvements reflètent la solidité de nos fondamentaux et notre engagement inébranlable en faveur des réformes, de la croissance et d'un impact durable. Il est clair que nous sommes sur la bonne voie», a-t-il déclaré. Ce chemin passe par la structuration de quatre lignes d’activités, financement de projets, partenariats public-privé et prêts souverains, gestion de fonds et appui aux institutions financières. Une approche intégrée qui permet à la Banque de couvrir toute la chaîne de valeur du logement, du développement d’infrastructures à l’accession à la propriété, dans un continent où le déficit en logements décents dépasse les 50 millions d’unités.
La reconnaissance de la GCR, si elle reste technique, sonne comme un feu vert aux investisseurs, publics comme privés, à s’engager davantage aux côtés d’une institution désormais perçue comme rigoureuse, stable et surtout prête à jouer un rôle de catalyseur dans la transformation urbaine du continent.