Par Claudia Kenou
Le Bénin se distingue dans le rapport 2025 de la Banque mondiale sur l’Évaluation des politiques et institutions nationales (CPIA), avec une note globale de 3,9 sur 6. Ce score place le pays au-dessus de la moyenne régionale (3,3) et de celle des pays de l’Association internationale de développement (IDA), qui s’établit à 3,1. Il rejoint ainsi le peloton de tête aux côtés de la Côte d’Ivoire, du Cap-Vert et du Kenya, et devance des pays comme le Sénégal (3,6), le Ghana (3,4) ou encore le Nigeria (3,2).
Le meilleur score du Bénin est obtenu dans la gestion économique avec une note de 4,2. Cette performance reflète la rigueur dans la conduite des politiques budgétaire et monétaire ainsi qu’une gestion prudente de la dette publique. La Banque mondiale souligne la croissance continue de l’activité économique, soutenue par les secteurs des services et de l’industrie, une discipline budgétaire renforcée et une mobilisation efficace des ressources internes. Le rapport met aussi en avant la solidité du système bancaire béninois, marqué par une meilleure solvabilité des banques et une baisse des prêts non performants.
Des politiques inclusives et écologiques
Le Bénin se démarque également dans le domaine des politiques sociales et environnementales avec une note de 4,0. Ce volet évalue l’équité dans l’accès aux ressources publiques, la protection sociale, l’égalité des sexes, la durabilité écologique et le renforcement du capital humain. La Banque mondiale salue notamment la création de zones de conservation communautaire, la plantation de mangroves pour lutter contre l’érosion côtière et les progrès dans les mécanismes de conformité environnementale. Ces efforts traduisent une volonté de favoriser une croissance plus verte et plus inclusive.
Sur le plan des politiques structurelles, le Bénin obtient 3,8 - un score encourageant qui couvre les domaines du commerce, du secteur financier et du climat des affaires. Le rapport souligne les réformes engagées, tout en appelant à lever certains obstacles encore présents. La gestion du secteur public est notée à 3,7. La Banque mondiale reconnaît des avancées dans la qualité des dépenses publiques, la mobilisation des recettes et la transparence budgétaire. Toutefois, des défis subsistent, notamment en matière de lutte contre la corruption, de qualité administrative et de gouvernance.
Un signal fort aux investisseurs
Avec cette évaluation, le Bénin renforce son image de partenaire crédible et attractif pour les bailleurs de fonds et les investisseurs internationaux. La note reflète aussi la capacité du pays à répondre aux standards de transparence et de redevabilité exigés à l’échelle mondiale. Au total, 20 pays d’Afrique subsaharienne ont été évalués dans ce cadre. Le rapport rappelle que la qualité des institutions et l’efficacité des services publics restent essentielles pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD). Enfin, la Banque mondiale invite le Bénin à maintenir ses efforts, notamment en poursuivant la professionnalisation de l’administration publique, en renforçant la justice sociale et environnementale puis en consolidant les réformes économiques pour un développement durable et inclusif.