Par Claudia Kenou
Le Groupe de la Banque mondiale renforce ses exigences en matière d’appels d’offres pour les marchés de travaux de génie civil afin de stimuler la création d’emplois et le développement des compétences dans les pays en développement. À compter du 1er septembre 2025, toute entreprise soumissionnaire sur des projets internationaux de construction ou d’entretien d’infrastructures de transport et d’énergie devra intégrer une main-d’œuvre locale représentant au moins 30% de ses coûts de personnel.
Cette mesure traduit la volonté de la Banque mondiale de transformer ses financements en leviers concrets d’impact social, en générant des revenus et en renforçant les compétences au sein des communautés bénéficiaires. Selon les projections, 1,2 milliard de jeunes entreront sur le marché du travail dans les économies émergentes au cours de la prochaine décennie. En orientant les marchés vers l’emploi local, la Banque mondiale entend répondre à ce défi tout en maximisant l’effet multiplicateur de ses projets d’infrastructures publiques. «Cette nouvelle obligation appuie notre engagement en faveur de la création d’emplois. En privilégiant la main-d’œuvre locale, nous ne créons pas seulement des opportunités immédiates pour les populations, nous investissons également dans leur potentiel à long terme et dans le renforcement des économies locales», a souligné Gallina A. Vincelette, vice-présidente en charge de la Politique opérationnelle et des services aux pays.
Cette révision du cadre de passation des marchés s’inscrit dans la continuité des mesures introduites en mars 2025, qui visaient à attirer des entreprises très qualifiées, capables de proposer des solutions innovantes et durables. Elle renforce désormais l’accent mis sur la qualité, en intégrant des critères comme l’innovation, la durabilité et la contribution à l’emploi local dans l’évaluation des offres pour les projets à fort montant. Par ce dispositif, la Banque mondiale transforme ses investissements en instruments stratégiques pour le développement inclusif, tout en contribuant à la construction d’une main-d’œuvre compétente et d’économies locales plus résilientes.
Fortuné Dotin